LE CONGO RDC ET LA ZAMBIE ADHERENT AU PROJET DE CABLE DE FIBRE OPTIQUE EASSY

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Alors que les dirigeants africains de l'après indépendance rêvaient de relier leurs pays par des réseaux routiers et ferroviaires, ceux d'aujourd'hui sont sur le point de réaliser leur propre rêve - connecter les pays africains les uns aux autres et au reste du monde par un câble de télécommunications à haut débit.

Partant de Durban (Afrique du Sud), un câble sous-marin de télécommunications à bande large traversera l'océan Indien sur 9.900 kilomètres jusqu'à sa destination finale, Port Soudan. Le système de câble sous-marin d'Afrique de l'Est, EASSy en anglais, fournira, entre autres, des connexions Internet sur bande large permettant de transmettre des informations à une vitesse jusqu'à 40 fois supérieure à celle des connections par ligne téléphonique commutée.

La RDC, qui a l'ambition de reprendre sa place de leader en Afrique, a adhéré à travers le ministère des Postes, Téléphone et Télécommunications et l'Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC) depuis le 29 novembre 2006 à ce projet, promettant de tout mettre en oeuvre au niveau national pour rationaliser le secteur local des télécommunications.

L'EASSy est une initiative du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) qui a pour but de connecter une vingtaine de pays côtiers et d'États sans littoral de l'Est et du Sud de l'Afrique au reste du monde grâce à un réseau de câbles à fibre optique sous-marins à large bande et de relais terrestres.

C'est à l'issue de discussions et de négociations que la commission e-Afrique du Nepad que des États, des opérateurs de télécommunications et des institutions de financement du développement se sont mis d'accord sur la structure de ce projet de réseau de câbles sous-marins et sur la répartition des rôles entre les différents groupes de parties prenantes. Dans ses principes, le projet envisagé peut nettement améliorer la situation des communications en Afrique et avoir un effet catalyseur sur le développement du secteur privé, la croissance économique et, en fin de compte, sur les possibilités offertes aux populations pauvres.

C'est en juin 2006 que les ministres africains des Télécommunications et de la Technologie ont approuvé le lancement immédiat de ce projet dont le coût global est estimé à près de 300 millions de dollars pour une mise en oeuvre prévue en 2008. Des spécialistes pensent que ce projet fera considérablement baisser le coût des télécommunications, à l'intérieur de l'Afrique et avec le reste du monde, ce qui contribuera à réduire la fracture numérique, le fossé qui se creuse entre les populations et pays qui ont accès à Internet et les autres. A terme l'objectif global du projet consiste à réduire la dépendance de cette région d'Afrique vis à vis des satellites pour les communications internationales et de réduire les coûts d'accès du haut débit.

Si en 1998, la RDC a raté l'occasion de se joindre au projet d'installation du câble sous-marin de l'Afrique de l'Ouest (SAT-3), elle a pour EASSy mobiliser tous ses services pour ne pas louper cette occasion. Le ministère des PTT et l'ARPTC ont chacun en ce qui le concerné travaillé dans le sens de faciliter l'adhésion de la RDC à ce grand projet du Nepad. Mais, la première étape à franchir est le versement par le gouvernement congolais avant mars 2006 d'un montant de 2.000.000 Usd pour confirmer sa participation au projet EASSy.

Ainsi, si l'adhésion de la RDC à ce projet est saluée de deux mains, elle appelle de la part du gouvernement la mobilisation des ressources adéquates pour rentabiliser cette participation. Car, il ne sert à rien au pays d'adhérer à un projet sous-régional si il ne dispose pas d'atouts nécessaires pour en tirer réellement profit.

Il y a de rappeler que le projet EASSy s'inscrit dans le cadre d'un programme africain visant à relier tous les pays du continent les uns aux autres par un système à bande large. Ces pays seront à leur tour reliés au reste du monde par d'autres câbles sous-marins. Le manque actuel de connexion adéquate à bande large est un obstacle important à la généralisation des technologies de l'information et de la communication en Afrique. Les liaisons Internet directes à grande capacité entre pays africains sont peu nombreuses. Les lignes de transmission à grande capacité sont surtout concentrées aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

En conséquence, environ 75 % du trafic Internet en Afrique doit d'abord passer par l'Europe ou les Etats-Unis avant d'être ensuite réacheminé vers le continent, processus très coûteux. Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada estimait, à ce propos, que l'Afrique dépense chaque année environ 400 millions de dollars pour transmettre des données nationales ou régionales par le système international à bande large. Souvent, les courriers électroniques échangés entre deux fournisseurs d'accès à Internet du même pays sont envoyés à l'étranger, puis réacheminés vers l'Afrique à cause du manque de « points d'échange Internet » sur place.

Ce sont autant de dysfonctionnements que le projet EASSy, tout comme SAT-3 pour l'Afrique de l'Ouest, tentent de résoudre pour corriger le déficit africain en Nouvelles technologies de l'information et de communication.

En parallèle Angola Presse rapporte que la Zambie vient aussi de signer le Protocole du Nouveau partenariat pour le développement de l`Afrique (NEPAD) pour le réseau d`infrastructure sous-marine à large bande passante, rapporte lundi le bulletin hebdomadaire du NEPAD.

(SOURCE : Le Potentiel)