QUI VA REPRENDRE GABON TELECOM ?

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Ils sont trois courageux - Maroc Telecom, Econet Wireless et Detecon - à prétendre à la reprise de Gabon Telecom. Mais l'affaire est loin d'être conclue. Enquête.

Confiée à HSBC South Africa, la privatisation de Gabon Telecom suscite un intérêt très moyen parmi les grandes compagnies internationales.

D'autant que le ministre des privatisations, Alexandre Barro Chambrier, n'est pas vraiment en phase avec le nouveau secrétaire général du comité de privatisation, Fidèle Magouangou, qui a remplacé Meye Bekourou. Les grèves des agents de Gabon Telecom au mois d'août 2006 ont en outre contribué à refroidir les repreneurs officiels.

Ils sont encore trois sur le pont. D'abord Maroc Telecom, filiale du groupe français Vivendi qui a déjà repris dans ce pays la Société d'énergie et d'électricité (SEEG). Vivendi pourra ainsi réaliser des économies d'échelle… En revanche, le Maroc n'a pas vraiment la cote en ce moment à Libreville avec la privatisation d'Air Gabon par la RAM (Royal Air Maroc) qui ne décolle pas… Le conseil des autorités gabonaises est Pape Diouf, un ancien du CCF qui a créé son propre cabinet Linkstone Capital Ltd.

Autre candidat à la reprise de Gabon Telecom : le groupe zimbabwéen Econet Wireless. Ce groupe qui contrôlerait 39% du marché de la téléphonie mobile au pays de Robert Mugabe a été créé par Strive Masiyiva. Econet, dont le siège est installé en Afrique du Sud, est en outre présent au Lesotho, au Botswana et à Malte. En janvier 2006, Econet a acheté pour 285 millions $ une licence de téléphonie (fixe et mobile) au Nigeria dans la perspective d'être coté au London Stock Exchange. En revanche au Kenya, bien que défendu par son banquier-conseil Salomon Smith Barney, le groupe a eu quelques soucis avec les autorités locales.

Le troisième candidat est Detecon International, une filiale du groupe Deutsche Telecom. Déjà très active dans les activités de conseil dans le secteur des télécommunications, Detecon a des bureaux, sur le continent, au Caire et à Johannesburg. Au Gabon, elle débarquerait avec le soutien financier de la puissante Libyan Arab African Investment Co. (LAAIC) dont le patron est Béchir Saleh, le directeur de cabinet du colonel Kadhafi. Béchir Saleh qui s'est rendu à Libreville au mois de juin 2006 dispose d'une cagnotte de 5 milliards $ à investir en Afrique.

(SOURCE : La Lettre du Continent N°507)