PROJET DE TELEPHONIE RURALE AU SENEGAL

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Un atelier de présentation du projet-pilote de service universel s'est tenu, hier, à Dakar. Par le biais de cette réflexion, l'Agence de régulation des Télécommunications et des Postes (Artp) veut prendre un ensemble de mesures au bénéfice des zones rurales. Cette rencontre se veut un cadre de partage de la stratégie de service universel pour le développement du secteur.

Le Conseiller technique du ministre des Postes, des Télécommunications et des Ntic, Joseph Ndong, qui a ouvert cet atelier, en présence de Daniel Seck, directeur général de l'Agence de régulation des Télécommunications et des Postes (Artp), de Mabousso Thiam, administrateur de l'Unité de gestion du Projet de promotion de l'investissement privé (Ppip) et plusieurs experts ou représentants du secteur.

S'adressant aux participants, le représentant du ministre leur a demandé de présenter un cadre référentiel pour parvenir à un accord consensuel qui permette aux opérateurs intéressés de voir dans quelle optique le gouvernement s'engagera.

De l'avis du Dg de l'Artp, il s'agit de prendre des mesures qui concernent les zones rurales dont : « la mise à la disposition de tous, d'un service minimum consistant en un service téléphonique d'une qualité spécifiée à un prix abordable, ainsi que l'acheminement d'appels d'urgence, la fourniture d'un service de renseignement et d'un annuaire d'abonnés, sous forme imprimée ou électronique et la desserte du territoire national en cabines téléphoniques installées sur le domaine public et ce, dans le respect des principes d'égalité, de continuité, d'universalité et d'adaptabilité ».

S'expliquant sur le fonds de développement universel, il a dit qu'il s'agit de deux dimensions : le financement des services universels (pour l'accès public rural et le fossé urbain sur le plan de la connectivité) et le financement du développement pour les projets de développement.

Daniel Seck a rappelé que dans le cadre du partenariat avec la Banque mondiale, il a été retenu de prendre toutes les mesures propres à promouvoir l'accès des Communautés rurales aux services de télécommunications, à travers la mise en place du Fonds d'accès universel (Fau).

Au sortir de cet atelier, il est attendu de valider le design du projet-pilote, ainsi que le choix de la région de Matam pour abriter le projet.

En parallèle l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp), veut se pencher sur la question de l’abonnement anonyme des usagers pré-payés du téléphone .

L’Artp fustige la pratique de l'abonnement tous azimuts. Elle est aux antipodes de la norme. « Les gens devraient s'identifier avant de pouvoir s'abonner. L'Artp, au regard des textes et lois, veut mettre de l'ordre et jouer efficacement son rôle », assure Elimane Oumar Ly , chargé de la Communication à l'Artp.

« La situation nous pose quelques soucis. La liberté de commerce, le droit à la communication sont certes garantis, mais, indépendamment de tous ces facteurs, un phénomène lié à la sécurité, à l'ordre public qu'il faut sauvegarder font qu'il devrait y avoir des préalables à respecter avant tout abonnement », fait remarquer le directeur technique Makhtar Fall.

L'identification du client pour le téléphone fixe ou le client post-payé (Téranga) est nécessaire auprès de l'opérateur. Les abonnés du prépayés « Diamono » et autres formules ne sont pas soumis à une facturation et constituent les 98 % du parc de la téléphonie mobile.

« Il faut encadrer, réglementer le secteur. Il ne s'agit nullement d'interdire. Il faut simplement faire en sorte qu'un certain nombre de conditions soient posées au départ pour que l'abonnement ne soit pas ouvert à des personnes anonymes », déclare le directeur technique de l'Artp.

C'est ainsi que ses services ont initié la concertation avec les deux opérateurs que sont Orange (Alizé) et Tigo, il faudrait que l'abonnement se fasse auprès des opérateurs, afin d'éviter les problèmes.

Conscient du fait que le développement de l' « abonnement sauvage » ou « informel » est très dépendant des campagnes de promotion orchestrées par les opérateurs, le responsable technique de l'Artp penche pour une « bonne organisation, en mettant à la disposition des distributeurs un certain nombre d'outils, de règlements et une restructuration des circuits de distribution, pour que l'abonnement se fasse dorénavant dans des boutiques ou kiosques agréés et non plus dans la rue ».

« Nous allons préciser les choses par décret, qui fixe les conditions générales d'exploitation des réseaux de télécommunication ouverts au public et assure également les règles de concurrence. Nous adjoindrons un ou deux articles à ce décret », selon Makhtar Fall.

Une fois résolu, certaines menaces de mort ou autres atteintes à la vie privée et publique pourraient être jugulées, même si elles émanent de correspondants anonymes, puisque l'opérateur serait à même de lever l'anonymat.

Les clients qui désirent s'abonner devraient pour leur part aller vers les opérateurs ou distributeurs agréés et qui respectent les règles du jeu ».

(SOURCE : Le Soleil)