LES EX-EMPLOYES DE CAMTEL DANS LA RUE

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Près d'une cinquantaine d'ex-employés de la Cameroon telecomunications (Camtel), se sont postés dans la matinée du vendredi 8 décembre dernier à l'entrée principale de cette entreprise. Entre 7h et 10h, ils ont organisé un sit-in pacifique, revêtant, pour la circonstance, un tissu aux couleurs de l'entreprise dont ils ne font plus partie depuis quelques mois. C'était leur manière à eux de protester contre leur licenciement, qu'ils jugent illégal et abusif, et le non payement de leurs droits sociaux.

Pendant trois heures donc, ils n'ont donc rien cassé ni levé le ton. Debout comme des soldats, ils prétendent interdire l'entrée à tout employé et à tout véhicule de l'entreprise. "C'est notre manière à nous de perturber le travail", indique l'un des manifestants. Pourtant, certains employés accèdent à l'entreprise par la guérite. Néanmoins, les pancartes qu'ils tiennent à la main parlent d'elles-mêmes. Le Syndicat national autonome des travailleurs des télécommunications du Cameroun (Synatel), dont sont membres tous les manifestants, revendique "le rétablissement de ses adhérents illégalement licenciés de Camtel dans tous leurs droits reconnus et promis par la commission ad hoc mise sur pied par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale en septembre dernier".

Alertée, la police n'a pas a eu trop de travail. Certains éléments ont d'ailleurs quitté les lieux avant que les manifestants ne lèvent le mot d'ordre de grève. Du côté des grévistes, chacun voulait exprimer son courroux face à ce "manque d'humanisme", face à cette "méchanceté gratuite pour des personnes qui comptent parfois 28 ans de service". "Il y a une dizaine de veuves parmi les licenciés", précise Jean Marc Bikoko, président de la centrale syndicale du service public (Cssp) dont dépend le Synatel.

L'une d'elles raconte sa misère. Elle n'a pas pu inscrire ses enfants à l'école pour l'année scolaire 2006-2007. Reconvertie à la vente des beignets dans son quartier, elle souhaite tout juste rentrer en possession de son dû afin de "se rabattre au village, dans le département du Nyong-Ekelle, et faire des champs".

La dame dit ne même pas se souvenir si une femme de 48 ans comme elle peut s'acheter un lait de toilette. Ces petites joies, elle dit les avoir oubliées. Comme la plupart de ses 505 autres collègues, dont certains avouent néanmoins qu'ils sont sollicités de temps à autre par la direction de Camtel pour des tâches techniques. Nous n'avons pu rencontrer les dirigeants de Camtel pour vérifier cette information.

Malgré cela, un syndicaliste s'insurge contre cette "tactique malsaine", qui a consisté au licencier des techniciens pour recruter un personnel dit non qualifié. Jean Marc Bikoko indique que "le Synatel prévoit d'autres manifestations jusqu'à ce que les employés soient réengagés à Camtel et que les droits et les salaires suspendus en septembre dernier soient payés dans leur intégralité." De source proche de l'entreprise, l'argent ne serait pas encore disponible.

(SOURCE : Le Quotidien Mutations)