AFRICA ONLINE AU COEUR D’UN RACHAT CONTESTEE :

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Le 28 décembre dernier à la bourse de Londres, African Telecom Company Limited (ATC) a annonçé publiquement son attention d’acheter les actions du capital d’African Lakes Corporation. L’offre était de 15.50 livres sterling par action portant la valeur du capital de la société à approximativement 4.2 millions de livres sterling. ATC a le soutien de 27.2% des actionnaires, ce chiffre représentant sa propre participation dans le capital d’African Lakes. Il semble qu’un autre actionnaire était préparé à accepter ce prix de vente mais en a été découragé par la suite.

En 2005, le chiffre d’affaire d’African Lakes s’est élevé à 9.5 millions de livres sterling et la société a enregistré une perte de 79,000 livres sterling. Selon leur bilan financier, les biens consolidés de l’entreprise s’élèvent à un montant de 1,412,000 de livres sterling. Jusqu’à mars 2003, African Lakes était une société cotée à la bourse et par conséquent elle reste assujettie aux règles financières de la bourse de Londres durant les dix années suivantes. Cela explique l’offre publique de rachat bien que la société ne soit plus cotée en bourse.

Le capital d’ATC est partagé entre Schneider Media et Holding Group LLC (59,6%), Wananchi Online, un FAI au Kenya (30,26%) et African Technology Media and Telecommunications (10.13%) dont la majorité du capital appartient à East African Capital Partners gérée par Richard Bell. Schneider Media et Holding appartient à la famille Schneider qui possédait UGC, un des plus grands fournisseurs mondiaux de cableS avant sa vente. Leur fils, Mark Schneider est marié avec une femme originaire du Kenya.

Les candidats à la reprise d’African Lakes estiment «qu’il y a une importante demande en matière de téléphonie et d’internet à haut débit qui ne peut pas être satisfaite pour l’instant en raison de l’absence d’un réseau filaire adéquat mais que la fourniture de tels services pourrait être assurée avec succès sur la base d’un investissement en infrastructure sans fil basé utilisant la technologie WIMAX ». Richard Bell nous a dit « nous sommes très enthousiastes avec le travail que nous faisons en ce moment. Nous visons à construire un réseau pan-africain et nous avons réuni un groupe complémentaire d’investisseurs à cet effet ».

Le Conseil d’Administration d’African Lakes a résisté à la proposition de rachat en informant publiquement ses actionnaires « que la société est en discussions avec un certain de nombres de parties par rapport à cette offre de rachat… ATC étant seulement l’un des racheteurs potentiels parmi d’autres… Il est possible qu’à l’issue de ces discusssions nous serons en mesure d’annoncer une offre supérieure ou une offre qui rapportera plus à nos actionnaires que l’offre d’ATC. Par conséquent nous recommendons à nos actionnaires d’entreprendre aucune action face cette offre. Lesley Davy, directrice et membre du Conseil d’Administration nous a dit « la responsabilité principale du Conseil d’Administration est d’accroître la valeur de la société au profit de ses actionnaires. »

Un concurrent sérieux est l’opérateur historique d’Afrique du Sud, Telkom, qui souhaite seulement racheter les biens d’Africa Online . Cela fait déjà un bout de temps que Telkom est à la recherche d’une acquisition. La société a à plusieurs reprises annoncé les entités qu’elle souhaiterait acheter et récemment elle a affiché son intention d’acheter Uganda Telecom, l’opérateur historique en Uganda. Par le passé, elle a essuyé un échec public avec Nitel et sa dernière tentative d’acquisition – Business Connexion – est l’objet d’une enquête en matière de concurrence.

Le groupe gérant les projets d’acquisition et de fusion au sein de Telkom semble être sous pression dans la mesure ou il y a eu bien plus de tentatives infructueuses d’acquisition qui n’ont pas été rendues publiques. Il serait aussi intéressant d’analyser le sentiment d’un opérateur historique à la tête de 8 petits fournisseurs d’accès internet dans des circonstances ou il n’a pas de contrôle sur l’infrastructure locale. Il est bien clair que Telkom a des ambitions régionales et souhaiterait racheter d’anciens opérateurs historiques qu’elle pourrait utiliser pour accroître son pouvoir d’achat au niveau national et international.

Le rachat d’un fournisseur d’accés internet aiderait Telkom a créer une stratégie triple (triple-play). Le seul « hic » dans cette stratégie réside dans le fait que la société n’a jamais réussi à acquérir quoique ce soit malgré son intention affiché depuis un bon bout de temps. Cela dit, cela pourrait bien peut être la premiere tentative d’acquisition qui réussira.