* Bibliothèque électronique malgache, 500 volumes diffusés en 4 jours !

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La Bibliothèque malgache électronique, inaugurée en octobre dernier, compte désormais quinze titres. Tous libres et gratuits, selon la philosophie adoptée depuis le début. Et elle vient de franchir un cap important : celui du succès.

Elle possède en effet maintenant une vitrine très en vue dans le quartier des livres électroniques en français. Le groupe Ebooks libres & gratuits accueille en effet, depuis le jeudi 18 janvier la collection sur son site. Un site très fréquenté par les amateurs de lecture, comme il est facile de le vérifier dans les faits : l’ouvrage de Désiré Charnay, Madagascar à vol d’oiseau, placé en tête de leurs nouveautés sur la page d’accueil, a aussitôt été téléchargé par un nombre impressionnant d’internautes (364 en quatre jours, mieux que Notre Dame de Paris, de Victor Hugo, ou Le petit Prince, de Saint-Exupéry, depuis début janvier !).

Il est vrai que Désiré Charnay n’est pas tout à fait un inconnu. Ses expéditions au Mexique et dans différents pays d’Amérique centrale sont des références pour l’anthropologie du 19e siècle. D’autant qu’il en a ramené non seulement des récits mais aussi des photographies. Du 13 février au 13 mai 2007, certaines d’entre elles seront exposées à Paris au musée du Quai Branly qui possède 500 négatifs et un millier de tirages anciens. Le titre de l’exposition, Le Yucatan est ailleurs (titre aussi d’un ouvrage de Christine Barthe à paraître chez Actes Sud en février), ne laisse pas entendre qu’il y sera question de Madagascar. Où Désiré Charnay est pourtant venu aussi, comme il est allé à Java et en Australie. La preuve par ce récit de voyage paru en 1864 dans Le Tour du Monde.

Ce titre est devenu, du coup, de très loin et en très peu de temps, le plus répandu de ceux qui sont disponibles, dépassant largement les 65 exemplaires du premier numéro de la collection, La race inconnue, de Charles Renel. Il est vrai que, pendant quelques mois, il fallait demander l’envoi des volumes par messagerie électronique. Et connaître l’adresse du blog sur lequel sont annoncées les nouveautés (http://cultmada.blogspot.com/). La diffusion, pour un livre électronique comme pour un ouvrage sur papier, se révèle donc essentielle. La preuve aussi par les 170 chargements des autres titres de la collection, sans aucune mise en évidence particulière, sinon un message aux membres du groupe Ebooks libres & gratuits pour leur en signaler l’existence. Dans la foulée, la fréquentation du site de la Bibliothèque malgache a accusé une hausse très sensible, passant d’une dizaine de visiteurs quotidiens à trente cinq.

Quant au catalogue, il est pour une bonne part constitué de la première année du Bulletin du Comité de Madagascar (1895), désormais complète (le neuvième numéro sera disponible dans quelques jours). Cette publication permet de se faire une assez bonne idée des événements de Madagascar depuis le départ de l’expédition française jusqu’au traité qui scelle l’avenir de la Grande Ile devenue colonie. Les livraisons des années suivantes, à paraître, feront la part plus belle aux articles des "spécialistes" de Madagascar.

Un des titres disponibles, Une famille parisienne à Madagascar avant et pendant l’expédition, d’Adolphe Badin, recoupe très précisément les informations du Bulletin, sous une forme romanesque qui puise abondamment aux sources journalistiques.

L’hésitation entre le roman et l’information est d’ailleurs une caractéristique de ces textes anciens. On en veut pour preuve la présence au catalogue de deux livres consacrés à Béniowsky, cet aventurier d’origine polonaise qui se donna, au 18e siècle, une importance démesurée sur la côte Est de Madagascar. Dans le roman de Gabriel de La Landelle, largement inspiré par les Mémoires complaisantes du personnage, il apparaît comme un héros surnommé, dans le titre du livre, Le dernier des flibustiers. La biographie de Prosper Cultru, Un Empereur de Madagascar au XVIIIe siècle, est beaucoup plus critique et établit une version probablement plus exacte et moins brillante.

Enfin, pour terminer le survol du catalogue, une curiosité avec un poème de François Saint-Amand paru en 1857 à la Réunion et qui est un vibrant plaidoyer en faveur de la présence de la France à Madagascar. Le titre ? Madagascar, tout simplement. Tout un programme…

Celui de la Bibliothèque malgache électronique au sein de laquelle mûrissent de nouveaux projets de rééditions. Un autre titre de Charles Renel, La coutume des ancêtres. La suite du Bulletin du Comité de Madagascar, comme déjà annoncé plus haut. Et, entre autres choses, la collection des Ouvrages anciens sur Madagascar publiée à partir de 1903 par Alfred et Guillaume Grandidier.

(SOURCE : madagascar Tribune)