REPARATION ET VENTE D'ACCESSOIRES DE TELEPHONES PORTABLES EN COTE D’IVOIRE : DES JEUNES GENS S'EN SORTENT BIEN

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L'installation de sociétés de téléphonie cellulaire dans la deuxième moitié de la décennie 90 en Côte d'Ivoire a suscité la création d'emplois parallèles. Au nombre de ceux-ci, la réparation et la vente d'accessoires de téléphones portables.

Combien sont-ils les jeunes qui depuis l'avènement de la téléphonie cellulaire en Côte d'Ivoire ont décidé de faire de petites, mais rentables affaires autour de ce nouveau marché. On ne le saura peut-être pas, car le secteur attire chaque jour de nombreux acteurs qui sont partout visibles dans la capitale abidjanaise et dans les villes de l'intérieur. Au grand carrefour de Koumassi, au "Black market" à Adjamé, à Yopougon-Ficgayo, au grand marché d'Abobo ou en face du Palais des sports à Treichville, de nombreux jeunes constamment en mouvement ou interrompant une conversation qu'ils avaient tantôt, vous proposent leurs services qui tournent, pour la plupart, autour de la réparation ou de la vente de pièces et d'accessoires de téléphones cellulaires.

Le même phénomène, même s'il n'est pas aussi animé, existe dans les sous-quartiers d'Abidjan et dans les villes de l'intérieur telles que Agboville, Sassandra où des pièces de maisons ou des baraques sont très vite transformées en lieux de réparation de téléphones portables.

Les réparateurs

Installés, pour la plupart, sur les lieux de vente de téléphones cellulaires, ils sont très sollicités, à la fois par de simples clients, des revendeurs ou des vendeurs .

"C'est ici au Black market d'Adjamé que se fait une bonne partie des transactions de téléphones cellulaires de la Côte d'Ivoire. Parce que, comme tout le monde le sait, Adjamé est le premier centre commercial du pays, et en plus, toutes les villes ont leurs gares routières ici. Cela fait que nous avons des clients de toute la Côte d'Ivoire", explique N. Guy Hervé, réparateur de téléphone cellulaire, sur le choix d'Adjamé pour exercer ses activités. D'autres réparateurs tels Sylla Abou au Grand carrefour de Koumassi ou K. Moussa au marché d'Agboville, ont aussi choisi ces espaces en raison de l'affluence qu'on y observe.

"Les prix des réparations sont fixés en fonction de la panne observée sur le portable. Ces prix varient généralement entre 500F et 30.000 francs. Les pannes concernent pour la plupart la mauvaise manipulation, les problèmes de son, les touches de l'appareil qui ne répondent plus, la luminosité défaillante, des pièces qui sont totalement endommagés et qu'il faut changer ou la reprogrammation, dans des cas plus sérieux, de la mémoire du portable", explique N. Guy Hervé.

Sur le nombre de clients qui sollicitent ses services chaque jour, notre interlocuteur confie qu'ils sont 5 à 10 personnes en moyenne qui s'adressent à lui pour "régler un problème" sur leur téléphone cellulaire. "Je peux avoir par jour 20 à 30.000 francs, mais cela ne me revient pas à moi tout seul. Car j'ai des collaborateurs, des amis chez qui je suis obligé de me rendre pour terminer la réparation d'un portable parce qu'ils ont des outils plus performants et il y a aussi des pièces de rechanges que je dois acheter.

Toutefois, je m'en sort assez bien", finit par lâcher N. Guy. Même si pour K. Moussa d'Agboville, il n'y a pas une aussi grande affluence comme au "Black market", chaque jour est une aubaine pour se faire de l'argent. "Il y a, c'est vrai, la crise qui frappe le pays, avec de nombreux déplacés que nous avons à Agboville. Mais le cellulaire est aujourd'hui devenu une nécessité, de sorte que chaque jour, il y a au moins un ou deux clients qui nous sollicitent pour réparer leur appareil tombé en panne. Cela nous permet de nous en sortir et surtout d'aider les clients qui sont désemparés, sans portables", indique-t-il. Mais comment ces jeunes, dont l'âge varie entre 20 et 30 ans ont-ils choisi le métier de réparateurs de téléphones cellulaires ?

Dans le milieu des réparateurs, on retrouve plusieurs catégories socio-professionnelles. "A l'avènement du cellulaire en Côte d'Ivoire, il y a d'abord eu des bricoleurs ou, si vous voulez, des "touche à tout" qui grâce à leur ingéniosité ont pu rendre de nombreux services. Il y a eu par la suite de nombreux réparateurs de postes de radio ou de télévision qui se sont recouvertis en réparateurs de portables. Mais aujourd'hui, la professionnalisation commence à s'établir", explique Gouagnon Yves, réparateur de portables à Treichville.

Selon Gouagnon, ce sont pour la plupart des anciens étudiants en télécommunication ou en informatique qui, dans l'attente d'un emploi plus stable, ont choisi de se mettre dans la réparation de cellulaire. "C'est une occasion pour nous de montrer ce que nous avons appris à l'école et de faire face à nos besoins en attendant d'avoir mieux", fait savoir Koffi Justin, titulaire d'un brevet de technicien supérieur.

Comme les réparateurs, les vendeurs d'accessoires de téléphone cellulaire, plus nombreux, font eux aussi de bonnes petites affaires.

"Il n'y a pas une seule pièce de cellulaire qu'on ne vend pas sur le marché. Il y a même des gadgets liés aux appareils que vous pouvez trouver ici sur place". Ismaël Koné, vendeur de pièces et accessoires de téléphones cellulaires à Yopougon Ficgayo, assis dernière la table de son petit magasin semblable à la caverne d'Ali Baba, plante ainsi le décor sur ce secteur d'activité. Chez Koné, 25 ans environ, on trouve presque toutes les pièces des appareils cellulaires. Les batteries coûtent entre 2.500 et 5.000 francs, la plaque d'alimentation autour de 10.000 francs, le chargeur d'électricité entre 1.000 et 5.000 francs etc.

Au Black market d'Adjamé par exemple, O. Oumarou vend des bagues, des colliers qui produisent un éclairage multicolore à chaque appel émis ou reçu. La demande au niveau des pièces et des accessoires de téléphones cellulaires est telle qu'il n'y a plus de grands carrefours dans la capitale abidjanaise où ne s'installent des vendeurs. Ainsi en est-il des carrefours de l'école de police à Cocody et de la caserne des sapeurs pompiers de l'Indenié.

A côté des vendeurs, il y a les revendeurs. Ici, la maxime selon laquelle "rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme" prend tout son sens car, tout appareil cellulaire, quelle que soit la gravité de la panne peut toujours servir. En effet, chez les revendeurs, qu'on retrouve également dans les endroits habituels de vente de portables toutes les pièces pouvant encore servir sont revendues à des prix assez intéressants.

(SOURCE : Notre Voie)