Deux des principaux pays de l’Afrique du Nord se positionnent en pionniers dans le processus de légalisation de la voix sur IP souligne un nouveau rapport.

L'éditorial du mois

http://www.balancingact-africa.com/publications.html

Bien que le Moyen-Orient soit largement opposé a l’introduction de la voix sur IP, deux pays de l’Afrique du Nord – l’Algérie et l’Egypte – se sont engagés dans la voie de sa légalisation.  Ailleurs où la téléphonie sur IP est légale, son usage n’a pas engendré  le déploiement de nouveaux réseaux tandis qu’en Algérie, la voix sur IP a été un catalyste suscitant  de nouveaux investissements dans des réseaux sans fil explique un nouveau rapport publié ce mois par Balancing Act (http://www.balancingact-africa.com/publications.html).

Les cinq pays nord-africains analysés dans ce rapport  - l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc et la Tunisie regroupent le plus grand marché internet sur le continent avec plus de 7 millions d’utilisateurs. Le Maroc, à lui seul, compte plus de 300,000 abonnés à l’ADSL et ce faisant constitue le plus important marché de connexion a haut débit  sur  le continent africain. Et c’est sans surprise que le Maroc offre aussi la connexion ADSL la moins chère sur le continent avec des prix commençant à 17 dollars US par mois une connexion illimitée à 128/64 kbps. Une section du rapport analyse l’usage grandissant de la voix sur IP dite « légale » et l’internet à haut débit poussera à l’adoption d’une nouvelle génération de réseaux IP.

Selon Russell Southwood, l’un des auteurs du rapport «  la combinaison de la voix sur IP et du haut débit est entrain de créer un nouveau modèle commercial. Cette nouvelle génération d’opérateurs travaille avec des réseaux hybrides avec une composante importante de transmission sans fil s’appuyant sur de nouvelles technologies tel que le WIMAX. Les nouveaux opérateurs (ainsi que les opérateurs existants qui sont entrain de s’adapter) présentent les caractéristiques suivantes : ils entrent sur le marché avec des prix compétitifs tout en offrant des appels gratuits entre leurs abonnés, leur service combine des appels de haute qualité avec une  connexion à haut débit à bas prix. »

L’impact sur les prix a été considérable. Algérie Télécom, l’opérateur historique facture un appel vers les Etats-Unis à 47DA (0.64USD) tandis que les opérateurs VoIP affichent des prix qui varient entre 15-30DA (0.20-0.41USD). Encore plus intéressant, au regard de l’importante diaspora algérienne en France, le prix d’un appel vers un fixe en France est de 34DA (0.46USD) avec Algérie Télécom et entre 15-25DA (0.18-0.34USD) avec les opérateurs VoIP. Des réductions de prix similaires sont offertes sur des appels vers des portables permettant de faire des économies tant sur les appels sortant que sur les appels entrants.  Une société algérienne distribue une cartes prépayée qui propose 60 minutes pour 950DA (13USD) et une autre compagnie offre encore plus de temps d’appel pour 1,000DA( 14USD).

La plupart des opérateurs proposent des cartes prépayées pour les destinations internationales tandis que les deux sociétés suivantes SLC et l’EEPA offrent aussi des services post-payés combinant la voix et la transmission de données.

Le lancement par le régulateur égyptien, NTRA, d’un appel d’offre pour deux passerelles internationales VoIP était escompté pour la fin mars 2005. Il prévoit de réserver une série de numéros spéciaux pour ces nouveaux services. Jusqu’à récemment le régulateur égyptien a seulement légalisé la voix sur IP pour son usage de PC à PC et pour les réseaux privés virtuels (virtual private network – VPN) et cette avancée constitue un grand pas en avant.

A l’heure actuelle la NTRA filtre les transmissions de données pour essayer d’attraper ce marché « gris » tout en reconnaissant que la tache est dure et pas nécessaire et qu’il vaudrait mieux régulariser la voix sur IP. Il est inévitable qu’avec la téléphonie IP internationale à bas prix – toutefois le régulateur n’a pas précisé dans combien de temps – il va y avoir un rééquilibrage des tarifs locaux qui sont à présent très bas.

Le marché « gris » de la téléphonie sur IP représente 100 millions de pounds égyptiens (17.5USD millions) et cela malgré des lois sévères interdisant l’utilisation de la voix sur IP dite « illégale » et qualifiant cette activité de criminelle.

L’agence nationale de régulation des télécommunications du Maroc, l’ANRT, envisage comme son homologue en Egypte une approche mesurée dans le processus de légalisation de la voix sur IP.  Malgré les possibilités légales d’utilisation dont disposent les trois opérateurs marocains aucun d’eux n’a jusqu’à présent lancé un service de téléphonie sur IP à moindre coût.