Réaction de Jean Claude Sultan sur la vente d’Investcom « On est fier d’appartenir à MTN »

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Jean Claude Sultan, ministre des postes et télécommunications est décidément un homme heureux. Sorti vainqueur des atermoiements sur l’attribution de la 4ème licence GSM, et surtout titillé par le vrai faux décret du 04 avril dernier, le limogeant de son poste de ministre des Postes et Télécommunications, Guinéenews© s’attendait, ce lundi après midi, à un homme affaibli par toutes ces épreuves. Que nenni !

C’est un Sultan resplendissant qui nous a reçus, à la sortie d’une session à l’Assemblée, engoncé dans un Bazin gris, amidonné à souhait.

À la question quels sont ses sentiments sur la transaction entre Investcom et MTN, le ministre précise : « il ne s’agit pas d’un rachat mais d’une fusion entre deux grandes structures cotées en bourse. Et il n’y a aucun problème à partir du moment où nos conventions sont respectées. Et l’État guinéen a fait un bon choix de prendre un partenaire qui devient un géant. On est fier d’appartenir à un groupe qui couvre 21 pays, soit une population totale de près de 500 millions d’habitants et avec déjà près de 30 millions d’abonnés. C’est comme un peu la Compagnie Air France et KLM dans Sky Team »

Entre deux coups de fil, le ministre renchérit « vous savez, Investcom, bien qu’ayant des actionnaires de nationalités différentes, avait une connotation libanaise dans l’imaginaire du guinéen. Chose qui n’est pas forcement raciste; c’est surtout péjoratif dans ce pays. »

Sur la libéralisation des ondes, Sultan se défend de ne pas être le goulot d’étranglement. « À ce jour, je n’ai reçu aucun dossier, aucun ! », fredonne-t- il, avant d’ajouter « de toutes les façons, au moment où cette décision sur la libéralisation des ondes se prenait, on n’était ni techniquement ni légalement prêts pour attribuer des fréquences numériques aux radios et chaînes de télévisions qui auraient fait la demande. Mais depuis 3 mois, c’est chose faite. Nous avons pu normaliser nos rapports avec l’UIT (Union Internationale de Télécommunications), en nous acquittant des 5 années d’arriérés de paiement. En retour, l’UIT nous a donnés une trentaine de fréquences numériques prêtes à être données. »

Optimiste, le ministre s’insurge « Mon 2ème combat est qu’il y ait des cadres guinéens dans cette institution. Cela pourra faciliter beaucoup de choses. »

Lui qui est en train de réussir le pari du téléphone, avec Areeba et dans quelques jours avec les nouvelles puces de Sotelgui, caresse déjà d’autres rêves : l’installation à Conakry d’un réseau à fibre optique long de 90 Km avec son corollaire d’Internet haut débit ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line), de téléphonie, d’échanges de données (Data), et de télévision numérique câblées. « Le projet est bouclé. Tout est presque acquis », lâche lapidairement le ministre.

La Guinée ayant lamentablement raté le coche du 1er câble sous marin à fibre optique nommé Africa One, long de 39 000 Kms et reliant le Portugal à l’Afrique du Sud, et surtout baignant dans l’océan atlantique à quelques encablures de Conakry, le 2ème rêve de Sultan est l’interconnexion du réseau de 90 Km de Conakry au 2ème projet de câble sous-marin à fibre optique devant, dans un futur poche, longer la côte ouest africaine.

Perspectives plutôt ambitieuses dans un pays où tout manque sauf l’oxygène.

(SOURCE : Boubah)