Logiciels informatiques : 82% du marché ivoirien sous le joug des pirates

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Les professionnels ivoiriens sont interpellés face au fléau de la cyberdélinquance.

Le taux de piratage dans le monde reste inchangé à 35 % ; les pertes mondiales augmentent de 1,6 milliard de dollars américain selon les experts des nouvelles technologies.

Malgré toutes les mesures prises par les pouvoirs publics, les sociétés technologiques et les entités judiciaires pour sensibiliser la population aux dangers liés à l'utilisation de logiciels informatiques illégaux, le taux de piratage en Côte d'Ivoire reste de 82 %, certains pays africains atteignant même 90 %.

C'est le message clé que veut faire passer Business Software Alliance (BSA), organisation professionnelle représentant les développeurs de logiciels commerciaux et leurs partenaires constructeurs, qui publie aujourd'hui une étude sur le piratage dans le monde, réalisée par la société d'études de marché et de prévisions IDC.

Le rapport, qui couvre 97 pays, indique une moyenne mondiale de 35 %, identique à celle de l'an passé. Eu égard au prix de vente des logiciels piratés, cela représente une perte financière d'au moins 34 milliards de USD au niveau mondial.

Selon IDC, la moyenne ivoirienne a reculé de 2 points et continue à coûter des millions de dollars de pertes à l'économie locale. La moyenne pour l'ensemble des pays africains couverts par l'étude dépasse les 70 %, le Zimbabwe et le Vietnam se disputant le titre de pays au taux le plus élevé : 90 %. Toujours selon IDC, la région Moyen-Orient et Afrique a perdu l'an passé plus de 1,6 milliard de USD du fait du piratage.

" Le piratage de logiciels reste le principal obstacle à la réalisation du potentiel de l'économie de l'information sur le continent et, de fait, dans le monde entier ", a déclaré Stephan le Roux, président de BSA en Afrique du Sud.

Si la baisse des taux de piratage nous incite à l'optimisme, le fait qu'un tiers des logiciels utilisés soient des contrefaçons reste préoccupant pour notre économie locale.

Cela devient encore plus inquiétant lorsqu'on s'aperçoit que dans certains pays du continent, seule une copie sur dix des logiciels commercialisés a été légitimement payée ".

Les répercussions économiques du piratage de logiciels sont évidentes. Les industries locales du logiciel sont paralysées par la concurrence des marchandises piratées ou contrefaites. L'investissement étranger direct des éditeurs de logiciels internationaux est compromis par la faiblesse des rendements sur le marché. Et le non-respect des droits de propriété intellectuelle étouffe la croissance de l'industrie des loisirs en général.

" De nombreux facteurs expliquent les disparités régionales constatées dans le domaine du piratage : étendue de la protection de la propriété intellectuelle, disponibilité de logiciels piratés, différences culturelles et tendances du marché liées à l'informatique ", explique John Gantz, directeur général des études chez IDC.

" Il ne fait aucun doute que, pour faire reculer le piratage de logiciels, il faudra mener des efforts et des investissements constants, mais ces investissements peuvent générer des bénéfices considérables pour l'industrie et pour les économies locales ".

Une précédente enquête IDC/BSA avait montré que si le taux de piratage dans le monde baissait de 10 points à 25 %, cela permettrait la création de 2,4 millions d'emplois, 400 milliards de USD de croissance économique et 67 milliards de USD de recettes fiscales dans le monde.

Le renforcement de la protection de la propriété intellectuelle, l'amélioration de l'information et de la sensibilisation restent des outils qui permettent d'améliorer la situation du piratage de logiciels dans le monde. Pourtant, tandis que l'augmentation de la bande passante se poursuit et que le secteur informatique continue de se développer, l'arrivée de nouveaux utilisateurs et la prolifération des logiciels piratés nous contraignent à mener des efforts pour réduire le piratage de logiciels et le maintenir à un niveau faible ", ajoute Stephan le Roux.

" BSA offre une récompense pour les rapports qui permettent de mener des actions réussies de lutte contre les personnes utilisant des logiciels illégalement. Nous nous apprêtons d'ailleurs à lancer une campagne sur ce thème. Nous travaillons également avec les pouvoirs publics sur les problèmes liés à la propriété intellectuelle au sens large". argue-t-il.

(SOURCE : Fraternité Matin)