Le temps des cyber ruraux au Cameroun

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Les ruraux d'Ambam, Abang-Minko, Kyé-Ossi et Bengbis dans le Sud, tout comme ceux de Makénéné dans le Centre, de Darak dans l'Extrême-Nord ou d'Akwaya dans le Sud-Ouest, devraient désormais avoir bien peu de choses à envier à leurs compatriotes des villes. Avec l'entrée en service progressive des télécentres communautaires polyvalents, le Cameroun profond va entrer de plain-pied dans la société de l'information, les technologies de l'information et de la communication (TIC) cessant d'être l'apanage des populations des zones urbaines. L'inauguration lundi dernier à Ambam par le ministre d'Etat, ministre des Postes et Télécommunications, Bello Bouba Maïgari, du tout premier des 16 télécentres pilotes qui entrent bientôt en service à travers le Cameroun rural, apparaît en effet comme un coup d'accélérateur déterminant dans le processus déjà bien engagé en vue de la réduction du fossé numérique dans notre pays.

A travers le continent africain, l'heure est à la mobilisation générale, en vue de la réduction du fossé numérique entre l'Afrique et le reste du monde. Certes, l'appropriation des TIC se fait à plusieurs vitesses, selon les régions et les pays, selon qu'on se situe en ville ou en milieu rural. Le défi majeur à relever partout reste le même : faire entrer le continent dans l'économie mondiale de l'information et du savoir. Parce que le monde est entré dans une ère où les informations et les produits intellectuels sont considérés comme des matières premières et des ressources. Parce que, en définitive, il s'agit du passage obligé pour accélérer le développement socio-économique en Afrique.

A travers un certain nombre d'indicateurs significatifs, l'on observe que le processus d'appropriation des TIC est sur de bons rails au Cameroun. Les télécentres communautaires dont le gouvernement entend doter les zones rurales de l'ensemble du territoire national, et dont le nombre devrait passer de 16 en phase pilote à plus de 180 à l'horizon 2008, concrétisent davantage la volonté politique de l'Etat dans ce domaine. Celle-ci était déjà manifeste, avec notamment : l'ouverture effective ou programmée de centres multimédias dans les établissements scolaires à travers nos dix provinces ; la création par le président Paul Biya et l'entrée récente en service de l'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (ANTIC). La véritable révolution des télécommunications que devrait constituer l'exploitation très prochaine des hautes performances du réseau basé sur la fibre optique, placera à coup sûr le Cameroun en pole position dans la course à l'appropri ation des TIC par le plus grand nombre.

Il est significatif à cet égard, que les télécentres qui sont en train d'être mis en place dans l'arrière-pays, aient été conçus comme des points d'accès universels. Ils permettent en effet un accès partagé et offrent une gamme variée de services, entre autres : Internet, bureautique, téléphone/fax, radio et télévision communautaires, formation, maintenance, services postaux, épargne, transfert de fonds, etc. La réduction du fameux fossé numérique, principalement entre les zones rurales et les zones urbaines, ouvre de belles perspectives non seulement pour nos futurs "cyber ruraux", mais aussi pour la promotion d'un développement équilibré et intégré de l'ensemble du pays.

(SOURCE : Cameroon Tribune)