SAT3: Les autorités de régulation et les responsables politiques demandent de la transparence ... ... sur les prix et une meilleure gestion"

L'éditorial du mois

La semaine dernière plus de trente responsables politiques, régulateurs et opérateurs se sont réunis à Johannesbourg pour discuter de qu'il allait advenir en juin 2007 lorsque le monopole dont disposent les membres du consortium contrôlant SAT3, prendra fin. Pour la première fois, responsables et régulateurs se sont rencontrés pour discuter de problèmes qui affectent plus d'un pays.

Lors de son intervention, Dr Krishina Oolum, le DG de l'autorité mauritienne de régulation, décrit comment son organisation a utilisé une analyse des coûts pour résoudre la question des prix élevés pour la connectivité à l'international résultant du monopole d'accès au câble SAT3. Avant que l'analyse des coûts ait commencé, les prix atteignaient 10,000 dollars US par mbps par mois résultant dans 17% d'utilisation de la capacité du câble de fibre optique. Lorsque l'analyse des coûts a démarré Mauritius Telecom, l'opérateur historique, a baissé ses prix à 5,250 dollars US par mbps par mois.

La détermination des prix finaux qui est intervenue ce mois sur la base des indications de coûts fournis par Mauritius Telecom a ramené le prix à 3,250 dollars US par mbps par mois et 2,962 dollars par mbps par mois pour des achats en gros. L'usage de la capacité du câble SAT3 est passé de 17% à 80%. Mauritius Telecom n'a pas fait appel contre la décision de l'ICTA, le régulateur mauritien.

Les prix de la fibre SAT3 sont supposés être fonction de la distance. Par conséquent il est un peu surprenant que le prix pratiqué par Telkom en Afrique du Sud qui est de l'ordre de 11,000 dollars US par mbps par mois, serait toujours plus élevé que le prix pratiqué avant l'intervention du régulateur. Pour être tout à fait juste, Telkom a annoncé une baisse des prix effective à partir d'août qui se ramènera un mbps par mois à 8,250 dollars US. Cette réduction pour autant n'enlève pas l'impression de super marge bénéficiaire appliqué à la revente de connectivité. Entre temps, Camtel au Cameroun qui pourtant est plus proche géographiquement du point d'accostage de SAT3 au Portugal continue à facturer 15,000 dollars US par mbps par mois.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, Geoff Rehmet de la société Internet Solutions (IS) a conclu que les opérateurs pourraient presque revendre la bande passante à 1,000 dollars US par mbps par mois et toujours bénéficier d'une marge bénéficiaire raisonnable. Il souligne qu'il n'est pas contre le fait que les membres du consortium de SAT3 fassent de l'argent aussi longtemps que ce n'est pas trop comme l'analyse du régulateur mauritien l'a démontré.

Les responsables politiques, régulateurs et opérateurs qui ont participé à cette conférence sont venus des pays soit desservis par la fibre soit situés le long du tracé du câble. Cela incluait les représentants du Sénégal, du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Nigéria, de la Namibie, de l'Afrique du Sud, du Botswana, du Lesotho, de la Gambie et de l'Ile Maurice. Telecom Namibia, membre du consortium de SAT3 était au sein des participants.

La déclaration conjointe faite à l'issue de cette réunion rapporte que les participants croient que "dans l'avenir toute décision de réglementation concernant SAT3 devrait tenir compte des intérêts de l'ensemble des acteurs du secteur et des consommateurs africains plutôt que des intérêts particuliers d'un opérateur unique ou des membres du consortium de SAT3. La déclaration appelle aussi à plus de transparence sur des questions touchant les prix et la bonne gestion. Lorsque la période d'exclusivité nationale expirera, le consortium devrait "annoncer publiquement ses intentions concernant le futur du câble de fibre optique et de la capacité restante." Dans la déclaration il a aussi été souligné qu'il était important de résoudre les problèmes auxquels font face les pays sans point d'accostage ou situés à l'intérieur du continent.

Les participants se sont mis d'accord pour créer un groupement d'intérêts des régulateurs qui servira de plateforme d'échanges d'information et d'expériences pour la résolution de ces questions. Les participants ont aussi déclaré que tout opérateur disposant d’une licence devrait avoir le droit d'acheter de la bande passante de toute entité existante ou future propriétaire de la connectivité.

La réunion a été organisée par APC (Association for Progressive Communications), AFRISPA (African Internet Service Providers Association), CATIA (Catalysing Access to ICT in Africa), CRASA (Communications Regulators of Southern Africa), et Balancing Act avec le soutien d'OSI et OSIWA (Open Society et OSI West Africa).