Crise à l'Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire : le soutien suspect du FPI au DG de l'ATCI

Actualités Télécom

Le soutien spontané de la Présidence de la République et du ministère d'Etat, ministère de l'Economie et des Finances au DG de l'ATCI suscite bien des interrogations.

A peine le Directeur général, le Directeur administratif et financier et tout le Conseil d'administration de l'ATCI ont-ils été suspendus que le clan présidentiel s'est mis en branle. Tels des répondeurs automatiques, le porte-parole de la présidence, Désiré Tagro, et le ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances Antoine Bohoun Bouabré ont rué dans les brancards. Pour brocarder la décision du ministre des Nouvelles Technologies de l'Information et des Télécommunications Hamed Bakayoko et demander, aux mis en cause, de défier l'autorité de leur tutelle technique et administrative. Pour de nombreux observateurs, cette prompte sortie, quelque peu hasardeuse, du clan présidentiel, est suspecte. Et montre bien qu'il y a anguille sous roche. Car le ministre des NTIT n'a nullement révoqué la direction de l'ATCI.

Il l'a tout simplement suspendu, le temps que la lumière soit faite sur les faits dont elle est accusée. En réponse au ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances, le ministre Hamed Bakayoko, dans un courrier daté du 13 septembre 2005, fait remarquer que «les décisions prises en date du 12/09/2005 sont des mesures administratives en l'occurrence la suspension et non la révocation et ce, conformément au Décret n°98-506 du 16 septembre 1998 portant création de la société d'Etat dénommée Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI). Ledit décret dispose, en effet que "la société est placée sous la tutelle administrative et technique du ministre chargé des télécommunications et sous la tutelle économique et financière du ministère en charge de l'Economie et des Finances". En volant au secours de l'un de ses protégés, le clan présidentiel fait fi des questions éthiques. Car, il serait incorrect que des personnes mises en cause, dans un scandale financier, continuent d'occuper leurs charges pendant que des enquêtes se mènent. La tentation peut être bien grande pour celles-ci de brouiller les pistes des enquêteurs et de faire obstruction à l'éclatement de la vérité.

En réagissant à la décision de sa tutelle, qui le suspend de ses fonctions, le Directeur général de l'ATCI, Kla Sylvanus, prend soin d'éluder les questions de fond. Il s'est contenté de condamner la façon dont la sentence a été prononcée contre lui sur les abus de biens sociaux. En ce qui concerne le vol des chèques, la gestion illégale des 5 % de la contrepartie financière, il a affiché un mutisme intrigant. Donnant l'impression d'amorcer une fuite en avant pour éviter d'engager le débat sur les questions et prouver son innocence. Au moment où le dossier, sur les malversations à l'ATCI et sa suspension sont à l'ordre du jour, il trouve le temps de se rendre à l'intérieur du pays à San-Pedro. Ainsi, il évite de prendre part à la passation des charges initialement prévue hier mercredi 14 septembre 2005 dont il dit ne pas comprendre «le fondement» dans une lettre qu'il a adressée, hier, au Ministre Hamed Bakayoko. Comme on le voit, la volonté, coûte que coûte de protéger un homme du clan, amène "la refondation" à faire les acrobaties, même les plus périlleuses. En foulant aux pieds les questions d'éthique et de bonne gouvernance.

Car, dans cette affaire, il importe de découvrir la vérité et établir les responsabilités. Plutôt que de la transporter, sur le terrain politique où, dit-on, on ne fait pas la passe à l'adversaire.

Le Patriote