Projet Unicode: afin que l'internet parle aussi les langues d'afrique

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La deuxième réunion technique de Unicode sur l'informatisation des langues africaines pour leur présence sur internet s'est tenue avant-hier à Dakar. Après celle de Libreville, au Gabon en 2004, les experts, ingénieurs et autres informaticiens et les linguistes de l'Afrique se sont penchés à cette occasion sur les conditions de la mise en oeuvre de leur projet.

Les experts et autres techniciens en informatique et les professionnels des langues venus de l'Afrique et ailleurs dans le monde se sont retrouvés le 7 septembre à Dakar pour une réunion technique de faisabilité du projet Unicode in Africa ou "Informatisation des langues africaines pour leur présence sur Internet. Le comité de pilotage est constitué de trois africains qui ont tous été des grandes batailles africaines : le Sénégalais Mouhamet Diop (Next Sa, Sénégal), le Burkinabé Pierre Ouédraogo (Intif, Burkina Faso), et le Béninois, Pierre Dandjinou (Pnud Bénin). Selon, Mouhamet Diop, ingénieur informaticien et initiateur de ce projet, "cette réunion technique de Dakar, a pour objectif la validation de la phase pilote et le démarrage des travaux en relation avec les experts qui ont participé à des travaux similaires dans d'autres pays". Elle devra aussi permettre "la validation du Steering Committee, ainsi que la feuille de route pour sa matérialisation", ajoute M. Diop.

Cependant, reconnaît Mohamet Diop, l'Afrique a des pesanteurs en tant que continent affecté par le sous-développement et l'absence des moyens. Et les maigres moyens dont elle dispose ne sont pas utilisés à bon escient, regrette M. Diop. Toutefois, l'ingénieur en informaticien soutient que ce projet que le président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a soutenu et encouragé est l'un des projets africains le plus important pour que le continent soit enfin présent, pour ne plus être en rade. "Avec l'esprit du Nepad et l'avènement du Sommet mondial sur l'informatique, nous avons eu la certitude que l'Afrique doit se prendre en charge pour régler le problème de son exclusion et que personne d'autre ne le fera à sa place", martèle M. Diop. Argumentant sa position, notre interlocuteur affirme avoir "toujours pensé que l'informatique, l'internet et les nouvelles technologies ne sont pas une fin en soi, mais plutôt un outil au service du développement dont l'interface doit être adaptée aux utilisateurs (communautés de base) et non l'inverse".

Mais au-delà de cette dynamique, les initiateurs de ce projet, s'attendent à un effet boule de neige qui puisse faire que l'ensemble des pays africains mettent en place au niveau national des comités nationaux qui auront en charge la mise en oeuvre des programmes d'informatisation des langues africaines. Ainsi, ces comités locaux seront le relais de cette initiative africaine et pourront bénéficier du support et de l'accompagnement des experts de l'Unicode et Idn qui travaillent sur ce projet.

Wal Fadjri