Bientôt, les premiers diplômes délivrés par le Campus numérique francophone de Kinshasa

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Le Campus numérique francophone de Kinshasa (Cnfk) fonctionne depuis juin 2003 dans le même bâtiment que le Centre de documentation de l'enseignement supérieur, universitaire et de recherche de la capitale (Cedesurk). Il regroupe l'ensemble des institutions universitaires de Kinshasa, comme membres, et comprend un centre d'accès à l'information et celui de ressources. Il a trois salles pour la formation, l'auto-formation et l'Internet.

Au cours d'un entretien qu'il a eu avec Le Potentiel, M. Motonobu Kasajima, coopérant belge et responsable du Cnfk, indique que le Campus numérique sert de relais à l'ensemble des programmes de l'Agence universitaire de la francophonie en République démocratique du Congo pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, l'organisation des colloques et conférences, les programmes thématiques. D'autre part, le campus constitue une plate-forme technologique qui vient en appui à l'enseignement supérieur et universitaire. Il permet de développer des études grâce à une nouvelle technologie d'information et de communication pour une meilleure gestion académique des cours ainsi que l'organisation et la formation à distance sur de nouvelles technologies.

Depuis son ouverture, le public universitaire a l'opportunité de consulter les livres qui se trouvent au Cedesurk, d'accéder au site Internet, de commander des articles scientifiques très récents et de suivre des formations, soit en apprenant à créer le site web, soit l'administration du système réseau, soit encore le logiciel. « Nous accueillons le personnel spécifique composé de professeurs, étudiants et chercheurs qui ont besoin de la documentation pour faire des recherches scientifiques. Nous sommes donc au service du monde universitaire qui a besoin de développer de nouvelles compétences plus techniques. Ils apprennent à se servir de l'ordinateur et de l'Internet, ainsi qu'à se perfectionner en informatique », a affirmé Kasajima.

Selon Motonobu Kasajima, le Cnfk offre cette année trente-deux formations à distance qui sont toutes universitaires et sanctionnées par un diplôme. Elles permettent à tout Congolais de suivre une formation de deuxième ou de troisième cycle des universités belges, françaises, canadiennes ou sénégalaises et d'obtenir - après une année et après le passage des examens avec succès - un diplôme cacheté et signé par le recteur de l'université qui organise la formation. « Nous allons, au mois d'octobre, remettre les premiers diplômes aux dix-sept étudiants qui ont suivi l'enseignement à distance pendant l'année 2004-2005 », a révélé le responsable du Campus numérique francophone de Kinshasa. Ces diplômes seront remis aux récipiendiares lors d'une cérémonie rehaussée de la présence du ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire ou son représentant. Par ailleurs, a-t-il enchaîné, « nous avons lancé un deuxième appel à candidatures pour l'année 2005-2006 et plus de 70 candidats congolais sont déjà sélectionnés ».

Pour accéder à cette formation scientifique et à des bibliothèques du Cnfk et du Cedesurk, il faut être enseignant ou assistant dans une université, ou bien solliciter une dérogation auprès du directeur si l'on est dans un autre secteur tel que l'Administration publique.

L'intérêt de l'enseignement à distance consiste notamment en ce qu'il est ouvert à tout le monde. Il peut s'agir d'étudiants cherchant à poursuivre leur cursus, de fonctionnaires et aussi de ceux qui prestent dans les sociétés privées qui peuvent suivre leur formation tout en travaillant. Cet enseignement permet aussi de travailler avec un horaire décalé. « Nous avons en majorité des candidats qui travaillent déjà. Ils veulent avoir d'autres diplômes et réactualiser leur compétence. Cette formation à distance peut être donnée n'importe où si l'on peut avoir l'Internet. Pour le moment, les candidats de Kinshasa sont privilégiés parce qu'ils ont un campus numérique, où ils peuvent venir suivre les formations dans les meilleures conditions avec un ordinateur et une connexion Internet de bonne qualité et un espace de travail acceptable », a assuré M. Kasajima.

Quant à valeur du diplôme délivré après la formation à distance, M. Motonobu Kasajima a déclaré que ce diplôme est exactement le même que celui délivré de manière présentielle. Il a salué la collaboration qui existe entre le campus numérique et le Cedesurk, soulignant les deux organismes travaillent ensemble pour donner le maximum d'informations scientifiques à tout chercheur, étudiant ou professeur qui se présente dans cet espace.

Il y a énormément de candidats qui se présentent pour la formation à distance dans le Cnfk. Pour bien les accueillir, une deuxième salle de formation est en construction. Mais, la plus grande difficulté rencontrée en République démocratique du Congo, c'est le coût très élevé pour avoir accès à l'Internet. C'est ainsi que Motonobu Kasajima a émis le souhait de voir le gouvernement congolais d'obtenir, dans l'intérêt de l'enseignement et la recherche, des tarifs préférentiels afin de permettre aux universitaires congolais et aux centres de recherche de se désenclaver et de renouer des contacts internationaux à travers le monde.

Concernant les relations avec le gouvernement, il a indiqué que la collaboration existe bel et bien. « Le ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire nous sollicite pour certaines questions », a-t-il dit. En outre, le Campus numérique travaille sur le renforcement des capacités au sein des universités. Il y a quelques mois, des ateliers ont été organisés sur la gouvernance universitaire auxquels ont participé plusieurs recteurs d'université du pays.

Le Potentiel