INTERCONNEXION DES RÉSEAUX TÉLÉCOMS - LA GROGNE DES PARTENAIRES DE CÔTE D’IVOIRE TÉLÉCOM

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Les relations entre le principal acteur des télécoms ivoiriens et plusieurs de ses partenaires ne sont plus au beau fixe. Ces partenaires qui bénéficient de l’interconnexion sur le réseau de Côte d’Ivoire Télécom, lui reprochent sa fermeture à la concurrence et sa «dictature».

Aujourd’hui, mardi 11 octobre se tient une réunion de concertation entre les opérateurs du secteur des télécommunications. Convoquée par l’Agence des télécommunications (ATCI), la rencontre mettra face-à-face Cote d’Ivoire Télécom et l’ensemble des partenaires qui partage son réseau, dans le cadre des contrats d’interconnexion. « Suite à la persistance des conflits et des plaintes des partenaires de Côte d’Ivoire Télécom que nous sommes, l’ATCI a décidé de nous convoquer tous pour recueillir nos différents arguments et remettre les pendules à l’heure », a annoncé une source proche du milieu. Selon elle, le conflit est désormais ouvert entre eux et leur fournisseur. « Les palabres entre Côte d’Ivoire Télécom et nous aboutissent toujours à la fermeture de nos entreprises», a-t-il ajouté. Le principal opérateur des télécoms ivoiriens a, en effet, suspendu le contrat d’interconnexion qu’il avait signé avec plusieurs de ses partenaires que sont : SOLARIS TELECOM (affaire en justice depuis 3 mois), GSAM HOLDING (suspendu depuis 8 mois), AFRIPA TELECOM (suspendu puis reconnecté), MEDIATEL (interrompu depuis un mois), INNOVATEL (qui attend en vain qu’on lui octroie des lignes alors qu’elle bénéficie de la licence). Les différentes sociétés invitées à prendre part à la rencontre d’aujourd’hui entendent dénoncer la superbe puissance de Côte d’Ivoire Télécom. « Les raisons évoquées pour nous suspendre ne sont jamais cohérentes. Ce n’est pas possible que malgré la présence d’un régulateur, d’un ministère de tutelle et de tout un gouvernement, un seul opérateur s’amuse à faire la pluie et le beau temps. Dans les conflits qui caractérisent ses relations avec nous, notre fournisseur a très souvent été désavoué par le régulateur ou la justice. Mais cela ne l’a jamais empêché de nous retirer nos lignes. C’est inadmissible», a fustigé le patron d’une des sociétés fermées. Dans une motion de protestation que lui et ses camarades entendent lire à la rencontre de ce matin, ils accusent Côte d’Ivoire Télécom de fuir la concurrence. «C’est par peur de la concurrence qu’elle nous fait subir de tels caprices. Nous achetons le trafic chez Côte d’Ivoire Télécom pour la revente. Mais nous ne sommes pas autorisés à vendre moins chère qu’elle. Même quand nous prouvons que cela est faisable. C’est une pratique qui pénalise les consommateurs. Quelque fois, par peur de la concurrence, Côte d’Ivoire Télécom refuse de vendre les lignes aux opérateurs qui désirent les commercialiser. Elle octroie des lignes, uniquement pour des usages privés», a critiqué un autre responsable d’entreprise de télécommunication. Lui qui a assisté début septembre 2005 à la suspension de ses lignes (T2) alors que sa société bénéficie d’une licence depuis 3 ans. «L’opérateur historique n’a aucune ligne directrice, aucune politique de gestion des opérateurs alternatifs que nous sommes. Son vœu pieux, c’est le retour à une situation de monopole absolu», a-t-il conclu.

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