TÉLÉCOMMUNICATIONS : MAURITEL ENCORE LOIN DU COMPTE…

Actualités Télécom

L'extension des réseaux pour ouvrir l'accès du mobile à la population mauritanienne s'impose

Le 12 avril 2001, Maroc Telecom acquérait 54% du capital de Mauritel, l'opérateur historique en Mauritanie. Le 12 septembre 2005, Abdesslam Ahizoune annonçait un chiffre d'affaires consolidé de 9,7 milliards de dirhams pour le premier semestre 2005. La rentrée dans le capital de Mauritel n'a toutefois généré que 434 MDH durant la même période de l'année.

Le fait est que les infrastructures en Mauritanie ne sont pas encore au point pour accueillir le même engouement que celui enregistré au Maroc pour le mobile. Alors qu'elle détient 70% de part de marché, Mauritel gère actuellement un parc d'à peine 39.000 lignes pour le fixe et un autre de 415.000 lignes pour le mobile. En 2001, 1% seulement de la population était équipée d'un téléphone mobile. Aujourd'hui, 20% des Mauritaniens ont accédé à cette technologie...

Si les chiffres sont croissants, il n'en reste pas moins que beaucoup reste à faire, notamment, en matière d'extension de réseaux GSM.

Juste pour le premier semestre 2005, Maroc Telecom a dû injecter 90 MDH dans Mauritel. Et malgré la discrétion de l'opérateur historique marocain quant à son affectation, on devine bien qu'elle devrait servir, prioritairement, à doter Mauritel des équipements nécessaires pour favoriser l'accès du mobile à la population mauritanienne. En attendant essayez d'appeler le Maroc à partir d'un mobile mauritanien et vous jugerez de vous même ! Les tarifs restent en effet excessivement élevés.

Jusque-là, Mauritel Mobiles, filiale à 100% de Mauritel génère son chiffre d'affaires quasiment à partir des services prépayés. Une de ses priorités sera donc de développer l'autre partie des services, à savoir le post payé pour fidéliser la clientèle.

Mais là encore, le challenge reste tributaire d'un faible taux de bancarisation des Mauritaniens. Le post payé restant conditionné par ce facteur. Cerise sur le gâteau, l'extension du réseau GSM représente l'autre priorité.

Bref, le chiffre d'affaires généré par Mauritel n'a pas encore d'impact sur les performances réalisées par Maroc Telecom sur le territoire national. Mais M. Ahizoune vise loin et compte bien en faire un autre centre de profit.

En attendant il devra se rapprocher du nouveau gouvernement mauritanien. Sa visite en Mauritanie, le 19 septembre 2005, au cours de laquelle il fut reçu par le colonel Ely Ould Mohamed Vall en rappelle, d'ailleurs, l'enjeu. Au-delà, Maroc Telecom a des vues sur d'autres pays africains.

A la question, toutefois, de savoir concrètement quel est l'état d'avancement de certaines négociations, le président de Maroc Telecom préférera répondre : «nous ne prendrons des décisions d'investir en Afrique que sur des critères précis tels que la maîtrise opérationnelle. Les projets devront être créateurs de valeurs pour les actionnaires de Maroc Telecom…». No comment.

Le Matin