RESEAU GSM - Victime d’un marché de gré à gré ou d’une arnaque?: La Sonatel perd le fil en Guinée

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Voulant se déployer en Guinée après avoir consolidé sa part de marché au Mali,la Sonatel vient de subir un important revers en se voyant recalé officiellement pour entente directe. Paradoxalement, la direction de l'entreprise au Sénégal affirme que les offres n'ont pas encore été attribuées, et qu''elles seraient en pôle position. La Société nationale de télécommunications, Sonatel, vient involontairement de se prendre les mains dans un panier de crabes guinéennes. Sa volonté de puissance vient de lui valoir une leçon sur la gouvernance dans certains pays d’Afrique.

S’étant fiée à la parole du Premier ministre de Guinée, M. Cellou Dalein Diallo, la société dirigée par M. Cheikh Tidiane Mbaye a passé avec ce dernier un accord pour l'acquisition d'une quatrième licence de téléphonie mobile, Gsm. Cependant, des informations venues de Conakry confirment que la fameuse quatrième licence, attendue par la Sonatel, venait d’être attribuée à une société établie au Luxembourg, Investcom.

La licence a été attribuée par le ministre des Télécommunications, Jean Claude Sultan. Tout le monde à Conakry s'accorde à dire qu'il est la seule autorité habilitée à délivrer une licence de téléphone. Il l'a vendu à 30 millions d’euros, un peu plus de 19 milliards et demi de francs Cfa. La Sonatel, pour sa part, avait proposé à la Commission ministérielle, devant laquelle le Premier ministre Diallo lui avait demandé de se présenter, 21 millions d’euros, l’équivalent de 13,7 milliards de francs. Cela, sans compter, affirment les personnes proches du dossier, «plusieurs milliards de francs Cfa d’investissement».

Las ! Cela n’a pas été suffisant pour convaincre les gestionnaires du secteur des Télécoms en Guinée. Les proches de M. Sultan affirment que si la Sonatel a vu son offre rejetée, c’est qu’elle avait passé un marché de gré à gré avec le Premier ministre Diallo. «Malheureusement pour les Sénégalais, Cellou Dalein Diallo n’a aucune autorité dans l’histoire», ajoutent les mêmes personnes.

L’affaire ne serait que malheureuse et pas drôle si, à Dakar, les Responsables de l'entreprise sénégalaise ne voulaient cacher l’évidence. Déclarant ignorer tout de l'issue de leur dossier, ils disent attendre encore la décision des autorités guinéennes. A la direction de la communication de la Sonatel, la version officielle est que la société a «répondu à un appel d’offres international», établi selon les règles de l'art.

Rejetant toute accusation d’entente directe, on y ajoute même: «Nous avons soumissionné à un appel d’offres, à l'issue duquel nous avons été retenu comme adjudicataire provisoire» qui devrait être confirmé bientôt comme définitif. C’est dire que les dirigeants de la Sonatel affichent, du moins face à la presse, une confiance quant à la solidité de leur dossier. Peut-être se disent-ils que la gestion de ce pays est tellement chaotique qu’une décision d’un ministre peut être remis en cause le lendemain par une autre autorité, et qu’il suffirait de ne pas perdre espoir.

«Investcom, une entreprise libanaise enregistrée au Luxembourg, a déjà versé un premier acompte de 15 millions d?euros à la Banque centrale de Guinée.» Détail intéressant, la groupe Investcom appartient à la famille Mikati, dont l’un des membres les plus en vue est le Premier ministre du Liban, Najib Mikati. Autre détail, Investcom est déjà attributaire d?une licence Gsm en Guinée, avec la société Spacetel. Cette dernière ne couvre qu'une infime partie du territoire.

Courtoisie de Mohamed GUEYE
Le Quotidien, Dakar

http://www.boubah.com/article/article.asp?num=1247&cat=3

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