Télécommunications: Le marché de la téléphonie mobile en période de transition

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 Mahanagar commence ses activités à la fin de l'année. Il pourrait sonner le départ des appareils offerts contre abonnement. La concurrence s'amplifie.

Revendeurs et opérateurs de téléphones portables affinent leur stratégie pour rester dans la course.

Le monde du mobile est en pleine mutation. Enseignes multi-marques et store conceptuel sont à l'honneur en attendant des forfaits incluant des téléphones mobiles subventionnés.

Le démarrage des opérations de téléphonie mobile et fixe de Mahanagar Telephone Mauritius Ltd (MTML), annoncé pour fin 2005, pourrait être le début des mobiles offerts en échange d'un abonnement. Cette pratique de forfait abonnement-téléphone est légion à l'étranger. Si ce projet devenait réalité, les conditions de vente s'en trouveraient alors considérablement modifiées.

Alors que le marché des téléphones portables arrive, lentement mais sûrement, à saturation, les revendeurs agréés et opérateurs de mobiles affinent leurs stratégies. C'est un fait que le portable est en passe de devenir le meilleur ami de l'homme.

Aujourd'hui, Maurice compte plus de 650 000 usagers sur 1,2 millions d'habitants. Un chiffre qui le propulse au premier rang africain avec un taux de pénétration estimé à 60 % même si on est loin des 100 % de la Suède, de l'Italie, de l'Autriche, ou encore des 75 % de la France.

Seulement pour l'année 2004, 120 000 combinés ont été vendus. Cette année, la vente devrait atteindre un chiffre d'affaires de Rs 700 millions. Pour leur part, les opérateurs Cellplus et Emtel se partagent un marché pesant Rs 2,5 milliards.

Ce marché est encore en expansion, mais pour combien de temps encore ? "Nous serons saturés d'ici un an et demi tout au plus", entrevoit déjà Ameen Rawat, directeur général de Rawat Communications. "Une fois ce seuil atteint, il s'agira uniquement d'un marché de renouvellement de téléphones. Et ce sera beaucoup plus difficile."

La tendance qui veut que les représentants officiels des grandes marques se muent en vendeurs multimarques n'est pas innocente. D'une part, ils visent à arracher des parts d'un marché parallèle de plus en plus envahissant. D'autre part, il s'agit d'être prévoyant pour les temps plus difficiles.

Investissements de Rs 30 millions

C'est ainsi qu'Harel Mallac Communications, représentant officiel de Sony Ericsson dans l'océan Indien, a attiré Nokia dans son écurie au début du mois. Rawat, jusqu'ici seul titulaire de cette marque, a contre-attaqué en ouvrant le premier Nokia Concept Store de la région Afrique. Un investissement en espèces sonnantes et trébuchantes de Rs 30 millions. Rien que ça !

Mais ce n'est que le commencement. Rawat Communications, qui a récemment pris une seconde marque, Sagem, sous ses ailes, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. "D'ici deux mois, nous allons prendre une troisième. Du jamais-vu encore", confie Ameen Rawat. Plutôt du jamais entendu alors

Chez Harel Mallac, les pourparlers sont aussi engagés pour une troisième marque de téléphone mobile. Les choses seraient conclues avant la fin de l'année. Histoire de pouvoir se lancer à trois pour les fêtes de fin d'année, période propice pour les revendeurs de téléphone.

L'arrivée de MTML et l'offre des mobiles sur abonnement pourrait cependant bousculer les choses. Mais cette nouvelle venue n'a pas le choix. Ses concurrents dans le domaine du mobile sont déjà solidement ancrés. Cellplus compte aujourd'hui 400 000 abonnés, contre 250 000 pour Emtel. Pénétrer sur les terrains de chasse de ces deux-là ne sera certainement pas mission aisée. "En plus d'offrir des tarifs plus attrayants, ils devront également faire comme partout ailleurs, inclure les portables à leurs abonnements", observe un professionnel du domaine.

Cellplus serait déjà partante pour suivre MTML sur ce parcours. Même son de cloche chez Emtel. "Ce sera peut-être une bonne affaire pour nous. Au lieu d'un renouvellement de mobile tous les deux ans, l'usager pourrait être tenté d'en changer plus rapidement et donc, on en vendra plus", analyse Kenneth Yip Tong, directeur exécutif de Mauritel, représentant exclusif de Motorola pour l'océan Indien.

Pour les revendeurs officiels, de tels forfaits pourraient amener un autre plus : la mort du marché gris. "Les opérateurs achèteront leurs mobiles auprès des agences. Cela ne peut donc qu'être bénéfique pour nous", ajoute Kenneth Yip Tong.

L'Express