CAMEROUN, SIÈGE DE LOGICIELS PIRATÉS

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La Sociladra et Microsoft élaborent une stratégie conjointe de lutte contre la piraterie. Selon Ureds international, Cabinet chargé de l’étude du fléau de piraterie des logiciels au Cameroun, le taux de piraterie de logiciels dans le pays est de 98%. C’est dire que la quasi-totalité des logiciels en usage dans notre milieu (institution publique ou privée, ménages) est piratée. Pourtant, à en croire le Pr. Hubert Mono Ndjana, président du Conseil d’administration de la société des droits de la littérature et des arts dramatiques (Sociladra), “ le logiciel en tant que œuvre de l’esprit est classé parmi les œuvres protégées ”.

Pour Jean-Claude Stone Njomkap, responsable de Ureds international, au Cameroun, "c’est par ignorance que les gens utilisent des logiciels piratés". En effet, il est difficile pour un non-initié de reconnaître au moment de l’achat, un logiciel non conforme sur le plan légal. Cette ignorance est exploitée par les revendeurs ou "partenaires" de Microsoft, structure américaine de fabrication des logiciels. “ Nous ne vendons pas nous-même nos produits. Pour le faire, nous travaillons avec des partenaires. Mais il se trouve que ces derniers, pour la plupart, achètent chez nous à bon prix, les copient avant de les revendrent plus cher au consommateur ”, déplore Abednego Hlatshwayo, son représentant en Afrique Subsaharienne. D’où l’énorme manque à gagner observé non seulement par cette société, mais aussi par l’Etat camerounais qui ne peut dans ces circonstances prétendre à une quelconque taxe. C’est pour mettre fin à cet état de chose que Abednego Hlatshwayo séjourne au Cameroun. Il est question pour lui de mettre sur pied - avec l’assistance du gouvernement camerounais, ici représenté par la Sociladra - un plan d’action pour lutter contre cette forme de piraterie. La stratégie sera bâtie autour de celle que Microsoft expérimente déjà dans des pays comme le Nigeria, le Kenya, l’Île de la Réunion, l’Île Maurice, etc.

Il s’agit d’un plan triennal qui s’articule en cinq axes principaux. La mise en place du système qui comporte deux phases simultanées : la formation et l’équipement appelée phase préliminaire ; les actions d’identification et de classification des usagers ; les actions d’IEC (information, éducation, communication), de conformation et de mise en garde ou phase non judiciaire ; les actions de contrôle de conformité ou phase judiciaire et enfin, les actions d’incitation, de dissuasion et de contrainte. Ces actions envisagées, couvrent l’étendue du territoire camerounais avec des possibilités d’élargissement dans la Cemac et la commission du bassin du Lac Tchad.

Le Messager