ALGÉRIE TÉLÉCOM RÉALISE UN CHIFFRE D'AFFAIRES DE 1,66 MILLIARD DE DOLLARS

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Le marché algérien des télécommunications est estimé à 400 milliards dedinars

Selon M. Brahim Ouaret, directeur général de l'entreprise commerciale Algérie Télécom (AT) le chiffre d'affaires réalisé par son entreprise en 2005, soit 122 milliards de dinars (1,66 milliard de dollars), équivaut, sinon dépasse, celui jumelé des trois opérateurs de téléphonie mobile, à savoir Djezzy, Mobilis et Nedjma. Voilà donc une donne qui explique peut-être l'intérêt manifesté par 40 opérateurs internationaux à l'ouverture du capital d'Algérie Télécom. M Ouaret, qui s'exprimait hier à l'occasion d'une conférence de presse organisée au siège de son entreprise, a fait remarquer aux journalistes que le chiffre d'affaires 2005 est en nette hausse, de 30%, par rapport à 2004. De ce constat, il dira : «Nous estimons, mon équipe et moi, avoir atteint notre objectif tracé en début d'année. En termes de prévisions, nous visons les 2 à 2,2 milliards de dollars de chiffres d'affaires à la fin 2006.» Brahim Ouaret soulignera que, à présent que tous les segments du secteur des télé communications sont ouverts à la concurrence, «on peut estimer le marché des télécommunications en Algérie à plus de 400 milliards DA [4,5 milliards USD]. Nous sommes encore à 55% du marché».

En réponse à notre question relative au pourcentage de la filiale Mobilis dans le chiffre d'affaires, le premier responsable d'AT apportera cette précision : «Il représente 30% [27 MDA] de notre chiffre d'affaires global alors que dans le fixe le taux tourne autour de 29%».

Le directeur général a, par ailleurs, donné d'autres indications sur les grandes orientations de son entreprise, lesquelles, selon lui, sont rendues nécessaires du fait de la concurrence présente dans tous les segments de ce secteur. Au Sujet des orientations décidées par AT, Brahim Ouaret annoncera la mise en place de deux directions. L'une se chargera des grands comptes et de l'ingénierie d'affaires et la seconde de la stratégie et de la veille technologique.

Concernant l'aspect physique de l'EPIC Algérie Télécom, le DG a rappelé que le nombre d'équipements (téléphones fixes raccordés au réseau filaire) est de l'ordre de 4,2 millions, dont 938 000 de type WLL (fixe sans fil). Quant au parc d'abonnés, il se situe à 3,2 millions de clients, dont 241 000 usant de la technologie WLL. Il fera remarquer que la téléphonie mobile fait de plus en plus l'ombre au fixe car la tendance des télécommunications chez les citoyens est à la téléphonie mobile et, du coup, «nous avons perdu pas moins de 400 000 abonnés», précisera le conférencier. Il estimera que cette perte est tout à fait prévisible et d'arguer en citant les cas du Maroc, qui à perdu 50% de son marché du fixe, et de la Pologne.

Au sujet des actions de modernisation que compte mener AT, l'animateur de la conférence fera savoir la mise en service, dès le 15 janvier prochain, du réseau à large bande ou réseau multiservice à la capacité actuelle de 10 Giga bits/s pour passer à 80 Giga bits/s, ce qui permettra l'accès aux options multimédias. De plus, «AT prévoit l'introduction du WDM, nouvelle technologie usant de la fibre optique», a annoncé Brahim Ouaret qui ajoutera que 24 500 km de fibre optique sont en service.

Interpellé par un confrère au sujet de l'emprunt obligataire engagé par AT, le responsable expliquera qu'il se fera en trois phases pour arriver à rassembler 40 MDA. La première est déjà mise en oeuvre et s'est soldée par la réunion de 6,5 MDA, destinés exclusivement aux besoins d'investissements de la filiale Mobilis. La seconde phase, dont lancement est prévu au mois de février prochain, sous réserve, bien sûr, de l'accord de la COSOB, qui est en fait un emprunt mixte (public et institutionnel). Quant à la dernière phase, elle aura lieu au cours de l'année 2006.

On a aussi parlé, dans cette conférence de presse des relations d'AT avec les trois opérateurs de téléphonie mobile, notamment sur le volet de l'interconnexion (terminaison d'appel). Le représentant de l'opérateur historique dira en substance : «Nous nous acheminons vers un règlement à l'amiable sans exclure que, dans le cas contraire, il sera fait appel au Conseil d'Etat dans le litige qui nous oppose avec l'opérateur Orascom Télécom». Il est rappelé que, suite à l'arbitrage de l'ARPT, le tarif de l'interconnexion a été revu à la baisse puisqu'il est passé de 6 DA à 4 DA la minute, soit une réduction de 60%.

Soulignons que, dans le cadre de l'interconnexion, les trois opérateurs se sont partagé 40 milliards DA, somme relevant du décompte de 2005.

La Tribune