TELEPHONIE FIXE EN ALGERIE : LE NOUVEL OPERATEUR ENTRE EN LICE AVEC POUR NOM COMMERCIAL «LACOM»

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C'est jeudi 23 février 2006, que le second opérateur en téléphone fixe, le Consortium algérien de télécommunication (CAT), un joint-venture entre Télécom Egypte et Orascom Télécom Holding), propriétaire de la seconde licence de téléphonie fixe en Algérie, a lancé sa campagne commerciale sous le sigle «Lacom». C'est ce qu'a annoncé par M. Emad Elazhary, COE de CAT, dans une conférence de présentation. Il était accompagné de MM. Naguib Sawaris et Akil Hamed Beshir, respectivement P-DG d'Orascom Télécom Holding et de Télécom Egypte. Le COE de CAT s'est montré très enthousiaste quant à l'avenir de sa société en Algérie car, soulignera-t-il, «nous allons introduire des services à valeur ajoutée notamment l'accès data et Internet jusqu'à 153 kbps et le triple play [technologie NGN]».

Pour devenir abonné chez Lacom, il suffira d'en exprimer la demande par un dépôt de dossier très souple au niveau des boutiques de cet opérateur. En fait, la ligne Lacom se présente sous la forme de kit composé d'un terminal sans fil, muni d'une antenne externe, sur lequel se branche un téléphone Siemens Euroset (livré mais jusqu'à la limite des stocks disponibles) ou, le cas échéant, sur un PC. Le kit revient à 5 899 DA/TTC (sans crédit de communication). M. Elazhary annoncera, pour des raisons de promotion valable jusqu'au 31 mars prochain, qu'il sera vendu à 4 999 DA TTC. Une fois cette démarche effectuée, des équipes de techniciens de "Lacom" se rendront dans les plus brefs délais à l'adresse de l'abonné pour l'installation du kit. En ce qui concerne l'activation de la ligne, elle se fera selon deux formules. Il est également prévu un forfait de 1 400 DA TTC (super 1 400) par mois, qui permet à l'abonné d'effectuer jusqu'à 560 mn d'appel dans le réseau Lacom à raison de 2 ,50 DA/mn, 400 mn de communication vers un autre opérateur fixe (3,50 DA/mn) ou 133 mn vers tous les opérateurs mobiles (10,50 DA/mn). En ce qui concerne le raccordement au réseau Internet, le prix à la minute est de 3 DA utilisable seulement sous la deuxième formule, le forfait 2 300 DA TTC par mois qui permet des communications de 920 mn (dans le réseau Lacom), 657 mn vers le fixe et 219 mn vers les opérateurs mobiles. Toujours au sujet des tarifs, notamment ceux de l'internationale, on citera, par exemple, que la minute d'appel sur un fixe en France est de 15 DA la minute et de 25 DA/mn sur un mobile. Par ailleurs, l'opérateur prévoit des remises allant de 10à 20% sur les frais d'activation pour achat multiple. Soulignons que la numération choisie est le 01 et pourra aller jusqu'à 09, soit près de 10 millions de combinaisons. En ce qui concerne le programme de déploiement "Lacom", son responsable indiquera : "Nous serons présents dans cinq wilayas au bout d'une année et d ans dix à la deuxième année comme le prévoit le cahier des charges." Nous allons investir dans un premier temps près de 200 millions de dollars (les 65 millions du prix de la licence inclus) a indiqué M. Elazhary. Le patron de CAT a dû répondre à la question d'un confrère relative au dégroupage (le dégroupage permet de faire passer des services nouveaux, des débits plus élevés, et ce, à des coûts souvent moindres pour l'utilisateur final) qui, semble-t-il constitue un obstacle à l'opérateur entrant. Ce dernier a déclaré qu'un terrain d'entente a été trouvé avec l'opérateur historique, Algérie Télécom.

Rappelons, enfin, que MM. Sawaris et Beshir ont donné un bref discours pour montrer à l'assistance tout l'intérêt porté au marché algérien. Le responsable de Télécom Egypte a, dans son intervention, fait savoir que "c'est pour la première fois que nous travaillons hors frontières. A partir du moment où nous étions convaincus que le marché algérien est porteur plus rien ne s'opposait à l'idée de venir travailler dans votre pays".

Naguib Sawaris, rencontré en marge du point de presse, nous a parlé du marché algérien des télécommunications, notamment dans son segment téléphonie mobile, dont il dira qu'il continuera d'être porteur. De sa filiale OTA, il dira qu'il est entièrement satisfait de par les résultats qu'elle enregistre : "Ce qui me réconforte personnellement, car je me rappelle quand j'avais annoncé à mon entourage de vouloir investir en Algérie, cela a paru bizarre au point de dire que c'était une aventure trop risquée. Au bout de deux années d'activité, mon choix s'est avéré juste et ma vision sur le marché algérien m'a donné raison." A propos du marché algérien, il ajoutera : "Les opportunités d'investissement existent chez vous, il suffit seulement que la législation soit un peu souple et que l'administration en charge du dossier moins lente." A notre question quant à savoir quels secteurs d'activité l'intéresseraient pour y investir, le patron d'Orascom nous a déclaré : "Ma priorité irait vers le secteur de la pétrochimie, des banques et de l'audiovisuel."

(SOURCE : La Tribune)