LA MONETIQUE AU MAROC, UNE INDUSTRIE EMERGENTE

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La monétique au Maroc constitue une vraie industrie qui émerge et qui se révèle génératrice d¹une forte valeur ajoutée, a souligné le ministre chargé des Affaires économiques et générales, Rachid Talbi El Alami.

Dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du Département de la Poste, des Télécommunications et des Technologies de l¹Information, Lhassan Belkoura, à l¹ouverture du premier Forum Monétique du Maghreb, de l¹Afrique Centrale et de l¹Ouest, M. El Alami a ajouté que le développement de ce secteur au Maroc « accompagne naturellement le développement économique en général et celui du secteur moderne de l¹économie en particulier ». Cette évolution très significative peut être illustrée par le développement des cartes bancaires dont le nombre est passé de 500.000 en 2000 à 2,5 millions en septembre 2005, a-t-il précisé, estimant que cet essor « n¹a été possible que grâce aux efforts déployés notamment par le secteur bancaire qui a su renforcer le parc des guichets automatiques et a ¦uvré pour l¹interopérabilité des paiements et le développement des TPE (terminaux de paiement électronique), dont le nombre avoisine les 10.000 ».

Il a, en outre, expliqué que le secteur de la monétique et des télépaiements constitue une excellente opportunité pour la promotion des NTIC au Maroc, mettant en relief les grands axes de la stratégie globale du gouvernement « e-Maroc 2010 ».

Néanmoins, a-t-il relevé, le développement de ce secteur « requiert un environnement adéquat, fiable et sécurisé, d¹où l¹émergence de Centres Monétiques Nationaux », rappelant qu¹à l¹instar des autres pays pionniers dans ce domaine, le Maroc s¹est doté dès 2002 d¹un Centre Monétique Interbancaire (CMI).

Après avoir expliqué qu¹avec l¹adoption de la norme EMV (Europay, Mastercard, Visa) et l¹arrivée de la carte à puce en 2006, les paiements seront de plus en plus sécurisés et le développement de la monétique encouragé, le ministre a passé en revue un certain nombre de mesures prises par le gouvernement pour la mise en place d¹un cadre réglementaire adéquat de nature à sécuriser les opérations de paiement sur Internet et d¹accompagner le développement du commerce électronique au Maroc. De son côté, le secrétaire général du ministère de l¹Economie et des Finances du Sénégal, Oumar Sylla, a mis en exergue le rôle que peut jouer la monétique dans le renforcement de la compétitivité des économies des pays de la région notamment, à l¹ère de la mondialisation.

Moderniser le système des paiements

Dans ce sens, il a passé en revue une série d¹initiatives importantes qui ont vu le jour en Afrique Centrale et de l¹Ouest pour accompagner la relance des économies régionales et ce, dans le cadre d¹un espace régional unifié et ouvert à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux.

Se félicitant du choix du thème de ce forum, M. Sylla a rappelé qu¹il s¹agit d¹une question d¹actualité de nature à permettre d¹engager une réflexion profonde sur les possibilités d¹une coopération sud-sud fructueuse. Pour sa part, Rachida Benabdallah, directeur général du CMI, initiateur de cette manifestation a fait remarquer que ce forum vise à accélérer le rythme de développement de ce secteur dans chacun des pays et dans la région prise dans sa globalité et ce, grâce aux échanges d¹expériences et expertises et à la recherche de nouveaux gisements de coopération.

Quant à Abdellatif Faouzi, directeur général de Bank Al Maghrib, il a passé en revue un certain nombre de mesures prises par cet établissement pour moderniser le système des paiements au Maroc et sécuriser les transactions notamment, l¹organisation de compagnes nationales de sensibilisation et d¹information, la mise en place d¹un Département chargé des Paiements et d¹un Comité ad- hoc chargé de la lutte contre la fraude qui regroupe des représentants notamment, du CMI, du GPBM et de la DGSN.

Pour lui, le développement de la monétique demeure tributaire de la mise à niveau de l¹environnement technique notamment à travers son adaptation aux normes internationales, la révision de l¹arsenal juridique et le renforcement des moyens de contrôle et de lutte contre la fraude et la falsification des cartes bancaires. De son côté, El Hadi Chaibainou, directeur général du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) a estimé que cette manifestation porte déjà ses germes de réussite que ce soit du point de vue du poids des participants et spécialistes réunis, que du thème choisi ou encore des opportunités et perspectives de coopération qu¹elle (manifestation) offre.

Initiée par le Centre Monétique Interbancaire (CMI), sous le thème « Opportunités de développement de la monétique et des télépaiements » dans les marchés du Maghreb, de l¹Afrique Centrale et de l¹Ouest, cette rencontre dont les travaux ont été clos ce vendredi 17, réunit plus de 300 personnes issus d¹une quinzaine de pays et représentants, entre autres, des institutions financières du Maghreb, de l¹Afrique Centrales et de l¹Ouest et des pays européens (Banques centrales, banques privées et publiques, compagnies d¹assurances,à), ainsi que des consultants internationaux.

(SOURCE : MAP)