TIC : Un marché en quête de croissance en Algérie

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Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) semble traverser une zone de turbulences. Plusieurs acteurs nous l’ont signalé et cette tendance a été confirmée, hier, lors du séminaire Hp qui s’est déroulé à l’hôtel Hilton.

Toufik Sator, directeur général adjoint de Algeria Business Multimedia (ABM), leader de la distribution informatique en Algérie, a planté le décor lors de sa présentation devant le réseau de distribution. Selon lui, le secteur souffre suite à « la promulgation de la loi des finances complémentaire 2009, du grey market, phénomène exacerbé par des calculs internes aux constructeurs et de l’effet du taux de change. 2010 sera aussi une année dure ». Les statistiques fournies donnent un aperçu de l’état du marché : le nombre de PC vendus en Algérie est passé de 170 000 en 2007 à 250 000 en 2009. Le nombre d’imprimante et de MFP est passé, durant la même période, de 162 000 à 174 000. Les lignes ADSL ont atteint 540 000, un chiffre qui reflète notre retard. Globalement, le marché des PME-PMI est victime de la lente réforme du système bancaire et de la dynamique économique.

Le marché domestique est fortement sensible au prix, au faible pouvoir d’achat (SNMG à l’équivalent de 120 euros environ) et à l’absence du retail. Le projet Ousratic est en panne et il n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement ; seul l’actuel ministre des PTIC continue à l’évoquer lors de ses sorties médiatiques. Il semble avoir conscience de son impact, mais le projet reste prisonnier du discours politique ambiant. La suppression des crédits à la consommation n’arrange pas les choses et l’accès limité à l’ADSL n’encourage pas les citoyens à opter pour cette option. Le réseau de distribution évolue dans un environnement peu structuré et pas du tout planifié, basé sur une demande très peu prédictible.

La faible marge, la mauvaise segmentation et le peu d’investissement dans la ressource humaine et la gestion RH basique n’encouragent pas le développement du secteur. Il y a aussi la limitation du volume d’importation par des mesures administratives (loi des finances complémentaire 2009, arabisation, certificat de conformité et certificat d’origine). Enfin, l’industrie du contenu est assez faible, ce qui n’incite pas les Algériens à acheter en masse des équipements. Les opérations d’importation durent en moyenne 90 jours. Pour 2010, il y a des handicaps : détérioration de la situation du marché et de l’offre (locale et internationale) et le règne de la spéculation et des mauvaises pratiques.

Qu’est-ce qui empêche le marché algérien de l’informatique d’évoluer ? Un projet ficelé en 6 mois, par exemple, est réalisé en beaucoup plus de temps. C’est le retard qui bloque tout. Ainsi, il serait nécessaire que les pouvoirs publics investissent fortement dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication afin que cet investissement joue le rôle de locomotive de la croissance.

El Watan