La Socatel au bord de la faillite en Centrafrique

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La Société Centrafricaine des Télécommunications (SOCATEL) est née en 1990 de la fusion de la Direction Générale des Télécommunications (DGT) et de la Société Centrafricaine des Télécommunications Internationales (SOCATI).

Cette Société, qui faisait par le passé la fierté des Centrafricains par la qualité de ses prestations, connaît aujourd’hui d’énormes difficultés dues à la mauvaise volonté de l’Etat de payer ses créances et à la suppression du Centre de Transmission par Satellite de Bangui M’Poko (CTS) au profit de GATEWAY Unique.

Les enquêtes menées revèlent que, conformément à la Convention de validation des créances signée entre la Direction Générale de cette entreprise et le gouvernement, représenté par la Ministre des Finances et du Budget, le 10 Mars 2003, l’Etat doit 3.886.080.640 Fcfa à la SOCATEL au titre des frais de communications de l’administration publique. De même le tableau récapitulatif des créances de l’Etat, couvrant la période de Mai 2002 à Décembre 2005, précise que l’Etat doit 4.554.422.983 Fcfa.

En l’absence d’un document officiel présentant ce que l’Etat doit à la SOCATEL durant la période de 2006 à ce jour, nous pouvons dire que le gouvernement doit plus de 10 milliards Fcfa à cette structure économique.

En principe, au lieu de procéder à la mise en chômage technique des 148 employés, toutes catégories confondues, sur les 332 que compte la SOCATEL, l’Etat devait s’assumer en épongeant partiellement ses dettes pour lui permettre de réhabiliter son réseau et diversifier ses activités afin de mieux se positionner par rapport aux opérateurs de téléphonie mobile.

Malgré cette mesure décidée d’une manière unilatérale par le Ministre Thierry Maleyombo, les travailleurs de la SOCATEL enregistrent quatre mois d’arriérés de salaire.

La SOCATEL tire l’essentiel de ses recettes de la communication internationale grâce au Centre de Transmission par Satellite (CTS) situé à Bangui-M’Poko. Avec la nomination de l’un des cadres de la SOCATEL M. Fidèle Gouandjika à la tête du Département des Postes et Télécommunications, celui-ci, prétextant que cette Société croupissait sous le poids de 13 milliards FCFA de dettes, baissait l’antenne du CTS et résiliait les contrats avec ses partenaires.

Le Ministre Fidèle Gouandjika décidait de libéraliser ce secteur sensible en signant un contrat avec la Société TELSOFT International.

La Société TELSOFT International a, selon les agents et cadres de la SOCATEL, exploité la passerelle unique pour la communication internationale sans qu’ils ne soient situés sur la contre partie de l’Etat et celle de leur Société.

Face à la pression des travailleurs de SOCATEL qui voulaient être fixés sur la gestion de ce « Gatway unique » et la destination des ressources qu’il génère, TELSOFT International s’est métamorphosée en TELSOFT CENTRAFRIQUE en se faisant enregistrer comme société de droit centrafricain. Elle a payé sa licence d’une valeur de 1, 5 milliards F CFA.

Guidé par le souci de sauver la SOCATEL qui était contrainte à une mort lente, le Directeur Général de la SOCATEL, Marcel Ngaïssio, a signé un contrat de fourniture d’équipements avec Daniel Investissement (DI), une société israélienne.

La société Daniel Investissement a réinstallé l’antenne de la SOCATEL et amené des équipements dont le coût s’élève à 750 millions F CFA. Dans le cadre du contrat qui lie les deux parties, la société israélienne a invité la SOCATEL à ne rembourser que la moitié du coût total de ces investissements, c’est-à-dire 375 millions. Ce remboursement, SOCATEL devait l’effectuer sur le trafic international. Elle devait redistribuer les trafics aux opérateurs de téléphonie mobile. SOCATEL a confectionné un projet de contrat d’acheminement de trafic international qu’elle devait faire signer aux opérateurs de téléphonie lorsque le Ministre Thierry Maléyombo baissera l’antenne de SOCATEL réhabilité par Daniel Investisment.

Le Chef du département des Postes et Télécommunications négocie avec succès un contrat avec Global Voice (GV) qui installera son Gateway dans l’immeuble abritant le ministère des Postes et Télécommunications.

Actuellement, TELSOFT CENTRAFRIQUE et Global Voice se disputent le marché pendant que Daniel Investisment intente une action en justice pour violation unilatérale d’un contrat.

A partir des faits présentés ci-haut, la responsabilité du gouvernement est grande dans la situation chaotique que connaît la SOCATEL. Non seulement il ne paie pas ses créances, mais les ministres ne s’attèlent qu’à signer des contrats avec des sociétés sans y impliquer les techniques et encore moins l’Assemblée Nationale.

Sous d’autres cieux, la redynamisation et la restructuration de la SOCATEL devraient être précédées d’un audit de tous les contacts signés par les membres du gouvernement sans l’implication des Syndicats et du Parlement avec les investisseurs.

Le Confident