Burundi: les opérateurs fondent le premier consortium africain chargé du développement de la dorsale nationale

L'éditorial du mois

Avec le soutien de la Banque Mondiale, l’un des plus petits pays d’Afrique s’est engagé à créer un consortium d’opérateurs pour développer sa dorsale nationale et ses liens internationaux. « Burundi Backbone Systems » sera en charge du déploiement d’une dorsale de 1,200 Kms et de plusieurs liens internationaux avec les pays voisins au cours des 18 prochains mois.

Les actionnaires du consortium incluent les quatre principaux opérateurs fixes et mobiles (l’Onatel, l’opérateur historique ; Leo qui opérait auparavant sous le label U-com et qui fait partie de Telecel Globe ; Africell, propriété de V-Tel et la société palestienne Paltel ; Econet) et des FAIs (CBI Net). Les deux principaux opérateurs mobiles sont Onamob, la filiale mobile de l’opérateur historique avec environ 600,000 abonnés et Leo avec 400,000 abonnés.

Le Conseil d’Administration du consortium est composé des directeurs généraux des différents opérateurs qui sont en charge de nommer l’équipe dirigeante. David Easum, employé auparavant par Telecel Globe, a été nommé directeur général par intérim.

La contribution de la Banque Mondiale au capital du projet signifie que le réseau couvrira l’ensemble du pays et offrira 26 points de raccordement entre les différents câbles en fibre optique qui seront posés le long des routes. Il faudra compter 18 mois pour achever la construction du réseau. Avant cette date, le lien international jusqu’à la frontière avec le Rwanda sera achevé.

Ce lien international constitue la raison principale pour laquelle les opérateurs se sont impliqués dans ce projet. A présent l’ensemble des transmissions internationales se fait par satellite. Une infime proportion du trafic est transmis via un faisceau hertzien ave le Rwanda. Les opérateurs payent entre 2,500 et 3,000 dollars US par mbps par mois pour la bande passante internationale. La commercialisation de la bande passante ne sera pas assurée par le consortium lui-même mais par les actionnaires du consortium.

Les prix de la bande passante internationale s’établiront probablement autour de 1,000 à 1,500 dollars US mais certains partenaires pourront acheter de la capacité à un prix proche de 500 dollars US. Deux des actionnaires du consortium – Onatel et Leon – ont aussi des participations dans le projet de câble sous-marin de fibre optique EASSy (via WIOCC) ainsi que dans le système de dorsale de l’Afrique de l’Est. Cette participation des deux sociétés fera partie du capital du consortium. Le prix de la capacité sur un lien national ne sera pas calculé en fonction de la distance.

Il y a aussi le potentiel de déployer cinq liens internationaux avec les pays voisins: deux liens avec le Rwanda dans le nord et le nord ouest, un ou deux liens avec le Congo RDC et un lien dans le nord est pour se connecter à la dorsale en Tanzanie.

Entre Temps, en Afrique de l’ouest, Maroc Telecom est entrain de déployer un réseau trans-frontalier en fibre reliant le Maroc et la Mauritanie. Ces travaux font partie d’un projet plus vaste comprenant deux phases et dont le but est d’interconnecter les opérations africaines de Maroc Telecom (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et le Gabon) et de leur offrir de la capacité internationale (via les câbles de fibre optique de la Méditerranée).

La première phase du projet (en cours) consiste à connecter la Mauritanie au Maroc via un lien terrestre en fibre optique. Maroc Telecom est entrain de déployer un lien entre Laayoune dans le sud du Maroc et Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. 60% du lien a été complété et il sera terminé et prêt à être utilisé avant la fin de cette année. La longueur de ce lien est d’environ 3,000 Kms (dont plus de 2,000 au Maroc et environ 700 Kms en Mauritanie).

Durant la seconde phase du projet, ce lien sera étendu vers le Burkina Faso et le Mali. Cette seconde phase en est toujours au stade de l’étude de faisabilité. Ce projet pourrait s’inscrire dans d’une stratégie plus large de Maroc Telecom de réaliser d’autres acquisition en Afrique Il n’en reste pas moins que ce projet facilitera l’accès de ses filiales à de la capacité internationale à un prix moins cher que celui qui est proposé en ce moment à Dakar et à Abidjan.