Burkina Faso: Les déchets des téléphones mobiles seront revalorisés

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Les déchets de téléphones mobiles portent en eux des substances qui ont pour nom « cadmium », « plomb », « mercure », etc. Ces substances sont toutes polluantes et nuisibles à l'environnement et à la santé humaine. Face à de tels dangers et à l'ignorance de la majeure partie des utilisateurs et réparateurs de téléphones mobiles, Emmaus International et Ateliers du Bocage-Burkina, ont jugé nécessaire de mettre en place le Projet de collecte et de recyclage des déchets de téléphones mobiles.

La cérémonie officielle de lancement du Projet a eu lieu jeudi 11 mars 2010 au siège des Ateliers du Bocage à Ouagadougou, en présence de Samuel Yéyé, conseiller technique représentant le ministre Salifou Sawadogo en charge de l'Environnement et du Cadre de vie. Que deviendront nos téléphones portables une fois qu'ils seront irréparables ?

La réponse à la question semble évidente pour beaucoup de Burkinabè : les abandonner dans la nature ou chez les réparateurs qui, le plus souvent, ne savent quoi en faire, ou alors s'en débarrassent n'importe comment.

Au regard du nombre d'utilisateurs de plus en plus croissant du téléphone mobile et de ses accessoires (plus de 3 millions au Burkina en 2009), les Ateliers du Bocage ont fait le constat que l'ampleur des déchets mérite une attention particulière dans le cadre de la préservation de l'environnement. D'où l'idée de mise en oeuvre d'un Projet de collecte et de recyclage de déchets de téléphones mobiles.

En procédant au lancement officiel de ce Projet à Ouagadougou, l'ONG les Ateliers du Bocage entend prendre à bras-le-corps la problématique de la gestion durable des déchets électroniques et électriques au Burkina Faso.

Le Projet note-t-on, a pour but de contribuer en partenariat avec le gouvernement burkinabé, à travers le ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, à réduire les risques liés à des pratiques d'élimination inappropriées des déchets de téléphones mobiles. Ces risques sont rendus plus persistants par la croissance du marché du téléphone mobile et l'accroissement du nombre des utilisateurs au Burkina.

Ces dernières années, on estime à des milliers de kilogrammes de déchets de ces objets électroniques sur l'étendue du territoire national. Selon le chef du Projet, Hubert Fodop Djojo, « ce nouveau projet vient se greffer à l'activité traditionnelle que menait les Ateliers du Bocage au Burkina en matière de dépollution de matériels informatiques hors d'usage ». Dans la nouvelle démarche de collecte et de recyclage des déchets de portables, des agents recrutés feront le porte à porte des ateliers de réparateurs ou de revendeurs du téléphone mobile.

Hubert Fodop Djojo a par ailleurs indiqué que pour un kilogramme de déchets collectés chez un réparateur par exemple, il lui sera remis en contrepartie un accessoire en bon état. Il s'agira de chargeurs, kits mains libres, et cables USB.

Toutefois, les déchets pour lesquels des filières de traitement appropriées n'ont pas été identifiées au niveau local, seront envoyés aux Ateliers du Bocage en France pour être pris en charge. Les éléments à base de ferraille uniquement seront revalorisés sur place au Burkina Faso dans la mesure où il y existe une industrie pouvant le faire de façon appropriée.

La mise en oeuvre du Projet a été source de création d'emplois. Les collecteurs recrutés auront à s'acquitter de la tache de collecte dans un premier temps dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. On pourra les reconnaître par leurs mobylettes avec une caisse verte à l'arrière munie de l'écriteau : Collecte et recyclage de déchets de téléphones mobiles.

La seconde phase du projet a-t-on noté, va consister à mettre en place des points de collecte pour que les utilisateurs également puissent venir déposer leur vieux portables. D'autres actions seront au fur et à mesure étendues aux autres régions du pays.

Selon Samuel Yéyé, représentant le ministre de l'Environnement et du Cadre de vie « depuis quelques années, le ministère a élaboré une politique et un plan d'action pour des réponses appropriées à la gestion des déchets solides dans les centres urbains et ruraux.

Aujourd'hui, un autre défi lié à la gestion des déchets électroniques se pose et le ministère loue l'initiative de l'ONG les Ateliers du Bocage (Burkina) dans la mise en à "uvre du Projet de collecte et de recyclage de ces objets électroniques. Le projet participe au renforcement de la volonté du gouvernement burkinabé de lutter contre toutes les formes de pollution de l'environnement et du cadre de vie ».

L'implication du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie dans le comité de suivi du projet a-t-il dit, est une excellente initiative. Il a souhaité que cette démarche participative de l'ONG Ateliers du Bocage/Burkina soit un modèle propre à inspirer d'autres acteurs au double plan national et international.

Sidwaya