Gambie: Un créateur d'entreprise apporte l'Internet, la santé et l'espoir au pays

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Un jeune Gambien, qui avait quitté son petit pays natal de l'Afrique de l'Ouest à l'âge de 16 ans pour faire des études en Grande-Bretagne, peu après le décès de sa mère, est rentré chez lui six ans plus tard, avec un diplôme en électrotechnique et un rêve : celui d'aider ses jeunes compatriotes à faire des études supérieures sans avoir à quitter leur pays.

« Pour aller à l'université, j'ai dû devenir adulte très vite », a expliqué M. Papa Yusupha Njie. « Cela m'a motivé et je n'ai jamais voulu faire marche arrière. Mais j'ai fait tout mon possible pour pouvoir quitter la Grande-Bretagne, le moment venu, avec d'excellentes notes et des diplômes supérieurs en génie électrique et en gestion. »

Les attestations d'études de M. Njie lui ont valu un emploi sûr et bien rémunéré à la tête de la section de technologie informatique à la Société nationale d'eau et d'électricité de la Gambie. Après deux ans à ce poste, M. Njie ne pouvait plus réfréner son esprit d'entreprise et ses ambitions humanitaires. En 2000, il vendit sa voiture, persuada plusieurs amis de lui prêter de l'argent et convainquit un banquier de lui accorder un crédit par découvert de 2.500 dollars. « Le capital-risque est une chose inconnue dans notre région du monde », dit M. Njie.

Avec ces fonds, M. Njie décida d'ouvrir un cybercafé.

« Les gens étaient ahuris quand j'avais quitté mon emploi », a indiqué M. Njie. « Mon succès n'était nullement garanti. Il y avait d'autres acteurs sur ce marché, beaucoup plus fortunés que moi. On avait plutôt l'habitude de voir les gens travailler dans le même endroit jusqu'à la retraite, avec un salaire garanti, une bonne pension et d'autres prestations. »

Mais M. Njie était décidé à utiliser son cybercafé pour contribuer à la formation des jeunes ; il organisait des cours d'Internet intensifs pendant les vacances d'été. « Nous étions passionnés par la technologie. Nous avions l'impression que ce que nous savions au sujet de cette technologie pouvait transformer la vie des gens », a-t-il souligné M. Njie.

Les cours de formation numérique au cybercafé de M. Njie duraient de quatre à six semaines et permettaient aux étudiants de se familiariser avec la conception de sites et l'hébergement Web, le tirage de copies et la réparation et l'entretien des ordinateurs. Les jeunes apprenaient à se servir d'un engin de recherche pour trouver des écoles, des bourses d'études et, bien sûr, des amis. En outre, le cybercafé offrait l'occasion de parler aux jeunes gens des dangers du VIH/sida. « Nous avons réalisé le premier documentaire relatif au VIH/sida de la Gambie, et il a été diffusé à la télévision nationale », a dit M. Njie.

Par le biais de son cybercafé, M. Njie a aussi lancé Unique Solutions, une compagnie multiservices de technologies informatiques et de communications. Celle-ci construit un réseau sans fil qui s'étendra à toute la Gambie. En raison de toutes ses initiatives, M. Njie a été nommé Jeune Créateur d'entreprise de l'année 2006 par la Chambre de commerce et d'industrie de la Gambie, puis deux ans plus tard, Homme d'affaires de l'an 2008. M. Njie sera à Washington le 26 avril pour participer en tant que délégué au Sommet présidentiel de l'entreprise.

M. Njie souhaite voir sa société Unique Solutions devenir le premier fournisseur d'accès Internet privé de la Gambie dont le réseau s'étendra à chaque zone rurale et urbaine du pays. Il est convaincu qu'il a pris la bonne décision en devenant créateur d'entreprise dans sa patrie natale.

« Une fois rentré chez moi, j'étais l'une de ces quelques personnes qui avaient la chance de pouvoir partager leurs talents et leurs connaissances avec leurs collectivités, et le créateur d'entreprise en moi a ajouté que, oui, ce faisant, je pouvais aussi gagner de l'argent », a dit M. Njie.

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