Guinée: Indignations après l’augmentation des tarifs des communications

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Pour des raisons liées à la dégradation de la situation économique du pays, la plupart des sociétés de téléphonie mobile guinéennes ont revu leur tarification à la hausse, non sans subir la colère des citoyens.

La nouvelle continue de susciter de vives critiques. Les tarifications des sociétés GSM, à l’exception de Sotelgui, ont connu une augmentation. Areeba facture désormais les appels vers ses concurrents à 540 francs guinéens contre 350 antérieurement et Cellcom, passe de 400 à 550 francs guinéens. A l’international, les facturations des appels téléphoniques enregistrent également des changements considérables. C’est une mesure qui touche aussi les deux autres compagnies Intercel et Orange. Seule la Société de télécommunications de Guinée (Sotelgui) compte «prendre le train en marche très prochainement», d’après son directeur général Moussa Kéita.

Les consommateurs trouvent les nouveaux tarifs exagérés. En plus, ils ont du mal à digérer la manière par laquelle la décision a été annoncée, dimanche 2 mai, alors qu’elle devait entrer en vigueur le lendemain. Le Réseau Guinéen pour la Protection des Consommateurs et l’ONG Synergie Afrique déplore une augmentation « fantaisiste et unilatérale ne tenant compte d’aucune base logique et dénotant du manque de respect des droits des consommateurs guinéens. » Pour cette organisation, l’augmentation salariale des travailleurs de la fonction publique décidée par le gouvernement ne doit être suivie par un accroissement « incontrôlé et anarchique » des prix des denrées de première nécessité. « C’est une augmentation qui suscite un sentiment d’amertume », commente Ousmane Ben Camara, secrétaire général du réseau. « Ce n’est pas normal. On nous parle des tarifs de certains pays de la sous-région qui seraient plus élevé alors que nous n’avons pas les mêmes pouvoir d’achat », ajoute Aminata Touré. Certaines associations de consommateurs ont appelé par SMS, aux journées sans SIM. D’autres ont incité au refus d’acheter des cartes de recharge. En vain.

Mercredi 5 mai, les quatre opérateurs concernés, Orange, Cellcom, Areeba et Intercel ont curieusement passé sous silence les raisons de cette augmentation, au cours d’une réunion pourtant convoquée par le ministère des Postes et Télécommunications à cet effet. Ce dernier s’est évertué à exiger une tarification à la seconde et une amélioration de l’interconnexion, toujours loin d’être effectives. « Au lendemain du réajustement tarifaire que vous venez d’opérer, le client doit être facturé sur la base de ce qu’il aura réellement consommé, c’est pourquoi la facturation doit se baser sur la facturation à la seconde. Aussi, toute augmentation de tarifs doit nécessairement être accompagnée par une qualité de service satisfaisante. L’amélioration des services est la contrepartie de l’augmentation des tarifs », a indiqué le ministre Talibé Diallo. Le directeur général de l’Autorité de régulation des postes et télécommunication, Morlaye Youla a estimé qu’en dépit de ces augmentations, les tarifs des communications restent moins chers en Guinée que dans les pays voisins. Ajoutant que la décision est conforme au cahier de charge des sociétés qui leur donne le droit de fixer les tarifs relatifs à tous les services qu’elles offrent au public en fonction de leurs stratégies commerciales. « Ces opérateurs sont des groupes internationaux présents dans des pays limitrophes et qui appliquent des prix différents des nôtres. Au Sénégal, ils sont à l’équivalent de 1020 francs guinéens, au Mali 1300 francs guinéens, en Guinée-Bissau 1400 francs et , en Côte d’Ivoire 1200 francs guinéens », a-t-il comparé. La pilule amère est avalée.