Bonne pénétration des Tics au Sénégal mais la lourdeur des charges est identifiée comme contrainte

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La libéralisation du marché des télécommunications a connu une bonne percée au Sénégal avec un taux de pénétration des services numériques très élevé. Une étude sur la caractérisation du secteur au Sénégal a montré une bonne appropriation par les nationaux qui constituent 54 % des entreprises.

Près de 44 % des entreprises de services Tic au Sénégal sont de type individuel et familial, tandis que 24 % d'entre elles sont des SARL et 11 % des S.A., celles de statut différent représentant 21 %. Selon une étude sur la caractérisation du secteur des Tic, au Sénégal, le capital social des entreprises enquêtées est constitué majoritairement par les nationaux. Près de 31 % des entreprises détiennent entre 1 et 10 % des parts de marché du secteur, 10 % détiennent 50 % et 14 % des entreprises entre 11 % et 20 %. Il est également ressorti que les investissements directs étrangers (IDE) sont beaucoup plus orientés vers les entreprises de type SARL, tandis que les S.A. sont jugées plus performantes en termes d'investissement et de réalisation de chiffres d'affaires. Plusieurs acteurs interrogés indexent les taxes jugées trop lourdes au Sénégal, et qui rendent l'environnement moins incitatif. Les charges les plus décriées sont celles qui sont liées à la consommation énergétique, l'eau, le transport et les charges de personnel. Il y a aussi que la majeure partie des entreprises importent du matériel et des consommables informatiques.

En plus de la caractérisation du secteur, deux autres études ont été également présentées hier, portant sur la même thématique de la « libéralisation du marché des services Tics : enjeux pour le secteur privé et implications pour la mise en oeuvre des politiques publiques en Afrique de l'Ouest (Licom) ». Ce travail de recherche sur un secteur en pleine expansion a été confié au consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) sur initiative de l'institut Panos Afrique de l'Ouest. L'objectif est de proposer des éléments de politiques et de stratégies publiques favorables au développement du secteur des Tic dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest : Sénégal, Nigeria, Bénin et Ghana. Les enquêtes réalisées par les différentes équipes, notamment sur la perception des acteurs et le cadre juridique et réglementaire, ont montré une bonne percée des Tic devenues de potentiels transformateurs des activités économiques, sociales, et politiques. Au Sénégal par exemple, la libéralisation est perçue comme un bon exemple de réussite en termes de pénétration des services numériques au sein de la population, avec notamment un accès plus facile aux téléphones mobiles, à l'internet, l'enseignement à distance, etc. L'ouverture du capital de la Sonatel, par ailleurs opérateur historique de téléphonie au Sénégal, s'avère une expérience réussie sur le plan de la rentabilité financière. Seulement, sa libéralisation a été jugée plus bénéfique pour les actionnaires que pour les consommateurs.

L'atelier de restitution et de validation des différentes études menées par le Cres, rentre dans une perspective de disposer de données sur le secteur qui est assez nouveau, mais se développe à un rythme très rapide au point de connaître un véritable boom ces dernières années. L'ambition est de contribuer également à la mise en place et à l'harmonisation de politiques concernant ce secteur au niveau régional. « Nous sommes partis d'un constat que le point de vue des acteurs de l'Afrique de l'Ouest n'a pas été pris en compte dans le cadre des concertations internationales (Ndlr : négociation à l'Omc), et qu'il faudrait à un moment, adopter un peu ces cadres aux réalités africaines pour que les voies africaines puissent être entendues durant ces concertations », indique Mme Seck de l'institut Panos. Les équipes du Ghana, du Nigeria et du Bénin, ont déjà réalisé leur atelier, et celui du Sénégal était le dernier. Il sera suivi d'une discussion régionale qui va regrouper les quatre pays afin de procéder à la restitution de l'ensemble des résultats des différentes études et d'harmoniser certains points de vue afin de mieux renforcer le plaidoyer au tour des Tic. Le projet est exécuté par l'institut Panos en collaboration avec le Cres, est financé par la coopération canadienne.