Politiciens et consommateurs se plaignent de la cherté du téléphone au Maroc

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Un parfum politique imprègne les télécoms! La raison? La sortie du parti Authenticité et modernité (PAM) au Parlement, le 8 juin à Rabat. Nous sommes à la Chambre des conseillers. Un député du PAM a saisi Ahmed Réda Chami, ministre du Commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies sur la question de «la cherté des tarifs de communication et la défaillance des services au client». Le ministre socialiste (USFP) répond que les usagers des télécoms ont eu droit «à une baisse continue des tarifs depuis juin 2000», date d’entrée en vigueur de la loi 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence. Selon Chami, cette baisse explique l’engouement des consommateurs pour les services télécoms. Il y a dix ans moins de cinq Marocains sur 100 disposaient du téléphone, d’après le régulateur télécom (ANRT). A fin mars dernier, ils étaient plus de 27 millions d’abonnés au GSM avec surtout une prédominance du prépayé (96%). Le marché du mobile est de loin le plus important en termes de clients. Le ministre Usfpéiste est catégorique : «les promotions proposées, de temps à autres, par les opérateurs des télécommunications au profit de leurs abonnés sont en-deçà des aspirations». A titre d’exemple, Méditel offre plus de 300 jours de promotion. Mais là où le bât blesse, c’est le manque de lisibilité des tarifs appliqués par l’ensemble des opérateurs. A ce titre le DG d’Inwi, Fréderic Debord, a pointé du doigt «la crise de confiance» qui plombe les rapports clients-opérateurs. C’était lors du lancement de l’offre GSM d’Inwi en février dernier (cf :www.leconomiste.com). Pourquoi nos parlementaires sortent de leur torpeur aujourd’hui pour dénoncer la cherté des communications ? L’actualité du secteur les a probablement secoué. A commencer par une récente étude du cabinet de consulting jordanien, Arab Advisors Groupe. Elle porte sur un benchmark entre 53 opérateurs de 19 pays du Moyen-Orient et Afrique du Nord. Conclusion, le Maroc a «les tarifs pré et post-payés les plus élevés de la région». De quoi donner du souci au directeur général de l’ANRT, Azdine El Mountassir Billah. Le rapport tombe au moment où le régulateur adopte la nouvelle feuille de route sectorielle 2010-2013, prévoyant une «baisse significative des prix». Le vœu du régulateur est de réduire le coût des télécoms dans «les dépenses des ménages et des entreprises». D’ailleurs la dernière décision de l’Agence relative à la baisse des tarifs d’interconnexion entre les trois opérateurs. Son entrée en vigueur est prévue le 1er juillet prochain. Chami cite d’ailleurs cette décision dans sa réponse au conseiller du PAM. L’actualité c’est aussi et surtout l’appel d’un collectif de consommateurs sur Facebook à une «journée nationale sans portables». Il s’était fixé comme date le 30 mai pour exprimer son ras-le-bol sous le slogan: «J’ai le pouvoir entre mes mains. J’éteins mon téléphone portable». Et ceci pour «ne plus être la vache à lait des opérateurs télécoms». Du coup, tous ces événements ont permis au PAM de «taquiner» le ministre socialiste, Ahmed Reda Chami. Les députés ont d’ailleurs raison, les tarifs télécoms restent chers.