Quel sont les modalités d'accès aux formations diplômantes que propose le Campus ?

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Ce qu'il faut préciser c'est que les formations à distance ne sont pas seulement ouvertes aux étudiants. Au sens large, on parlera plus de formation continue que de formation initiale. Les premiers diplômes accessibles sont de niveau License, mais la plupart des diplômes sont des Masters professionnels ou des Masters de recherche. La raison est simple. Il ne s'agit nullement d'aller concurrencer l'enseignement traditionnel.

Il y a des appels à candidatures, il y en a un en cours actuellement. A partir du mois d'Avril vous avez le catalogue des 75 formations qui est ouvert à des candidatures en ligne. Les étudiants font une préinscription sur la plateforme. L'université a accès à tous les dossiers des étudiants et fait un premier choix, pour voir s'il y a une adéquation pédagogique entre le projet de l'étudiant et l'enseignement qui sera dispensé.

L'étudiant peut ensuite être retenu selon deux modalités: ou il bénéficie d'une allocation de l'AUF pour l'aider à l'inscription, ces formations ont quand même un coût d'inscription entre 1000 et 2500 euros pour les plus chers, et ne sont pas toujours à la portée de tous les publics ici, ou alors ils doivent payer le tarif complet, et ils ont un à deux mois pour constituer le dossier.

Chaque année en gros, en octobre, on a une vingtaine de personnes qui commencent une formation qui se termine en octobre de l'année suivante. Et en janvier, une dizaine d'autres apprenants démarrent pour finir en janvier de l'année suivante.

Quelles motivations ont conduit l'AUF à choisir, le Gabon à l'échelle de la sous-région, et Libreville à l'échelle locale, pour abriter ce campus numérique ?

Notre présence ici ne date pas d'hier. Nous avons une implantation qui remonte à 1995, déjà à l'Université Omar Bongo, mais plutôt au niveau de la bibliothèque universitaire. On a ensuite déménagé au niveau de l'Ecole Normale Supérieure pour revenir à l'UOB, dans ce grand campus numérique en 2003.

Libreville a été commandée, je dirai, par un choix de situation. A Libreville, on avait l'UOB, qui, après son éclatement a engendré un certain nombre d'établissements d'enseignements supérieurs. La plupart de la communauté universitaire, au Gabon, se trouve à Libreville, une autre partie à Franceville. On a fait le choix de Libreville parce qu'on pensait que c'est là qu'on pouvait toucher le public, le plus large. Mais il n'y a pas de préjudice pour les autres établissements membres de l'AUF de Franceville tel que l'Université des Sciences et Techniques de Masuku qui nous a demandé de les assister dans le sens d'une démarche pour lancer leur propre campus numérique.

Les autorités gabonaises affichent de grandes ambitions pour le développement du pays en termes de Technologies de l'Information et de la Communication. De quelle manière le campus numérique de Libreville entend-il apporter sa contribution à la réalisation de cet objectif?

Pour nous, cela va être un petit peu du tout bénéfice. On a actuellement des chantiers en termes de logistique qui permettent d'avoir une connectivité bien supérieure à ce qu'il y a au Gabon actuellement. On a la chance ici au Gabon par rapport aux autres pays d'Afrique centrale d'avoir déployé l'internet haut débit, une fibre optique, depuis maintenant quelques années, d'avoir des tarifs de connexion qui sont parmi les moins chers dans la sous-région.

Dans les orientations, je vous dirai que l'on aura l'internet haut débit systématiquement dans la plupart des grandes villes de provinces du pays. Pour nous, c'est effectivement quelque chose d'assez intéressant. Cela veut dire que l'on aura des échanges et des relais un peu plus facilement, que ce soit à l'intérieur, ou même à Libreville avec une augmentation des débits de connexion. On pourra donc continuer à mettre sur la toile et en réseau les différentes universités de la francophonie avec ces chantiers qui se préparent, et dont certains ont déjà démarré.

Pour les années à venir, quels sont les perspectives de votre structure à l'échelle locale et à l'échelle sous-régionale ?

Nous avons une perspective qui reste d'abord locale. On a une université, l'UOB, qui, comme beaucoup d'établissements supérieurs de ce pays, a quasiment doublé sa population estudiantine sur les cinq, dix dernières années. Ce qui fait qu'il y a un besoin réel de connectivité, de point d'accès internet et d'informatisation. Point sur lesquels les autorités ont été très sensibles depuis quelques années. Pour nous, il s'agit de les accompagner, avec notre expertise, notre expérience pour que l'UOB se dote d'un réseau informatique performant et puisse travailler sur les projets d'informatisation de ces services.

C'est un chantier qui est assez conséquent. On a une fréquentation de masse au campus numérique. Il faut maintenant que nous puissions répartir les différents espaces de connexion. L'université s'est dotée, il a deux mois, d'une connexion indépendante. Si on arrive à avoir des réseaux performants des deux côtés, on pourra se consacrer à des activités à plus forte valeur ajoutée, on augmentera le nombre d'étudiants qui peuvent suivre des formations à distance, et le nombre de formation permanentes. On pourra peut-être faire autre chose que donner un point d'accès internet aux étudiants et aux enseignants, ce qui est 80% de notre activité actuelle.

Sur les perspectives régionales, pour mémoire, nous avons un bureau régional au niveau de Yaoundé qui chapeaute les campus numériques de toute la région. Nous suivrons les orientations, les nouvelles réformes de l'AUF. Ce qui est dans l'air du temps, actuellement au sein de l'AUF, c'est de démocratiser un peu plus ses programmes, ne pas rester simplement dans les TIC et faire en sorte que les universités de la région d'Afrique centrale et des grands lacs puissent bénéficier des nouveaux programmes mis en place au sein de l'AUF, avec des démarches de fonctionnement en synergie et par projets, entre les opérateurs .

On a également lancé des programmes de campus numériques partenaires où on laisse une responsabilité accrue aux partenaires universitaires. Et le premier de ces campus numériques partenaires ouvert mondialement l'a été au niveau de la faculté de médecine de l'université des sciences de la santé. Une fois encore le Gabon a été pionnier dans une des orientations nouvelles de l'AUF.