Burkina Faso: Puces sauvages de téléphonie - La traque suite et fin ?

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La prochaine bataille contre les puces téléphoniques activées mais non identifiées sera-t-elle, cette fois-ci, la bonne ? L'Autorité de régulation des communications électroniques (ARCE) s'y met et pour la présente offensive, elle change de fusil d'épaule en associant plus étroitement les distributeurs agréés. Le 1er septembre 2010, c'était la rencontre sur le sujet avec les acteurs de la société de téléphonie mobile TELMOB.

Foi de Mathurin Bako, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques (ARCE), les puces de connexion activées mais non enregistrées constituent un problème de sécurité publique.

Elles sont une des armes favorites de personnes malintentionnées qui les utilisent pour exécuter leurs basses besognes. Nombreux sont d'ailleurs les Burkinabè qui ont reçu des appels malveillants et qui se retrouvent impuissants lorsqu'il s'agit de débusquer l'identité de la personne qui se cache traîtreusement au bout du fil.

Des solutions, pour ce genre de délinquances, sont activement recherchées ces dernières années. Parmi lesquelles, l'opération d'identification. Malheureusement, les résultats ont été mitigés. Ils sont de 53% pour TELMOB, 58% pour TELECEL et 69% pour CELTEL ; au grand regret de Mathurin Bako qui a décidé de prendre le taureau par les cornes.

« L'époque où l'on vendait des puces comme des arachides sera bientôt révolue », a-t-il prévenu avec une détermination qui se sent dans la voix. Le scénario concocté pour atteindre cet objectif est le suivant : associer étroitement les distributeurs par l'instauration d'une procédure unique d'enregistrements.

Pour ce faire, quatre types d'abonnements entreront en vigueur : le nouvel abonnement, le cas du client non identifié, le réabonnement et le changement d'identification.

Mais il faut bien des préalables et la rencontre avec chaque opérateur de téléphonie installé au Burkina Faso et ses distributeurs agréés est une étape importante.

La première structure à la table des discussions, c'est TELMOB. Hier donc, 1er septembre 2010, l'observateur neutre aura remarqué que les débats se sont déroulés en toute franchise, même s'il y a eu au début des retrouvailles une certaine réserve des distributeurs ou de leurs représentants à s'exprimer.

Mais très vite, les langues se sont déliées et les invités du jour ne sont pas passés par quatre chemins pour évoquer les difficultés qu'ils rencontrent dans l'enregistrement des informations sur leurs clients. Ils ont, par contre, unanimement reconnu l'utilité de la procédure dans l'amélioration de la sécurité des biens et des personnes. Et ce ne sont pas les représentants des forces de sécurité, participants à la rencontre, qui auraient dit le contraire.

L'hôte des lieux (le président de l'ARCE) a été visiblement sensible à toutes les remarques et suggestions qui ont été faites. Néanmoins, il est resté inflexible sur un fait : l'identification doit se faire coûte que coûte et à chaque abonnement.

Désormais, l'ignorance ne pourra plus être invoquée et à chaque fois qu'il y aura un problème, les responsabilités seront citées. « Il faut absolument que nous atteignions un résultat acceptable qui est de l'ordre de 90 à 95% d'abonnés identifiés.

Nous sommes en train de réfléchir avec les forces de sécurité sur le temps que nous donnerons encore aux acteurs et sur une nouvelle date butoir », a tapé du point sur la table le premier régulateur des communications électroniques de notre pays.