Worldreader.org teste le Kindle d’Amazon dans des écoles au Ghana et envisage de le lancer dans d’autres pays africains

L'éditorial du mois
David Risher, le Directeur Général de Worldreader.org est un passionné de la lecture. Après l’épisode d’une bibliothèque verrouillée dans un orphelinat en Equateur, il a décidé avec son co-fondateur que le lecteur électronique Kindle serait un outil efficace pour stimuler l’envie de la lecture dans les écoles des pays en voie de développement. Il a choisi le Ghana pour tester son idée et cette semaine il s’entretient avec Russell Southwood des progrès de son projet. David Risher a embarqué sa famille dans un tour du monde d’une année leur permettant de visiter des endroits en Asie et en Amérique Latine. Durant ce voyage, sa femme et lui ont assuré l’éducation scolaire de leurs enfants en utilisant des livres sur le lecteur électronique Kindle d’Amazon. Pendant leur voyage, ils ont visité un orphelinat et ont trouvé que la porte de ce qui un jour était une bibliothèque, était verrouillée et que la clé restait introuvable. « Les filles de l’orphelinat avait perdu le goût de la lecture ». Ces deux choses n’ont fait qu’une dans sa tête et lui et son co-fondateur ont commencé à réfléchir à comment donner accès à des livres à des étudiants en utilisant le lecteur électronique Kindle comme support. « La technologie est utile dans les pays en voie de développement lorsque le papier fait défaut ». Selon David Risher, Worldreader.org a choisi le Ghana parce que “son gouvernement est stable et encourage l’éducation ». Un test de deux semaines a eu lieu et durant ce temps il est clairement ressorti que les étudiants ont utilisé le lecteur comme s’il s’agissait d’un téléphone portable Durant les deux semaines, il y a aussi eu quatre heures de formation pour les enseignants et les étudiants. Ils ont maintenant commencé à introduire des lecteurs électroniques dans six écoles, deux à chaque niveau scolaire: au primaire, à l’élémentaire et au secondaire. Un projet de recherche sera conduit avec un autre groupe d’écoles qui n’ont pas de lecteurs électroniques dans le but de permettre de faire des comparaisons. En résumé, il y aura 500 enseignants et étudiants qui auront accès au lecteur et 500 sans accès. Un donneur international finance le projet de recherche qui cherche à élucider deux questions plutôt fondamentales : est-ce que les étudiants qui ont accès au Kindles lisent plus et est-ce que leur niveau de lecture s’améliore ? En parallèle le projet de recherche essayera de voir comment le Kindle est utilisé dans l’environnement familial et comment les enseignants incorporent ce nouvel outil dans le programme d’enseignement. David Risher souhaite que les résultats du projet de recherche prenne une certaine distance et soit crédible » pour nous et les fondateurs et n’aboutit pas à document de travail de défense. Le lecteur électronique Kindle comportera trois catégories de livres: des classiques comme Charles Dickens, Victor Hugo et Nathanial Hawthorne pour les étudiants du secondaire (dont le droit de reproduction est passé) ; des livres locaux en anglais et en langue vernaculaire qui ont permis aux éditeurs ghanéens la numérisation ; et des livres de classe. Parmi les livres locaux, il y en a un qui s’intitule « Shark » et qui raconte l’histoire d’un étudiant accusé d’avoir une relation amoureuse avec son enseignante. Le contenu sera distribué en trois phases: durant la première phase, le Kindle sera téléchargé par Worlreder.org avec des livres qui viennent avec le lecteur. Dans la seconde phase, les enseignants ajouteront leur matériel. La troisième phase sera sans doute la plus intéressante. Les étudiants se verront remettre 15 à 20 dollars US pour acheter les livres qu’ils souhaitent. « Si nous donnons un budget aux étudiants pour louer ou acheter des livres, le processus sera alors basé sur la demande ». Quel niveau de résistance offre le Kindle dans un environnement scolaire dur et désorganisé ? « C’est bon mais pas excellent. L’école est un lieu ou les enfants jettent les choses. On n’en a pas encore perdu un avec ce type de dommage. Nous avons un partenariat avec M-Edge, une société qui fabrique des protections en néoprène pour le Kindle. Ils nous en ont gracieusement offert et nous espérons que cela va les protéger ». Au moyen terme, il souhaiterait être capable d’influencer leur design pour les rendre plus rapides et plus résistants. Les fonds nécessaires pour acheter ces lecteurs à 250 dollars US proviennent de différentes sources, majoritairement privées: des ex-employés de Microsoft de Seattle qui voulaient des options intelligentes d’investissement de leur argent dans le social et des donations en nature. Au départ, Amazon a donné quelques lecteurs et nous a offert un rabais sur le reste. Worldreader.org a choisi le Kindle parce qu’il s’agit plus ou moins d’une machine avec une fonction unique et par conséquent moins cher qu’un portable tablette comme l’iPad. « Pour les pays en développement, l’iPad, c’est de trop. David Risher croit aussi que comme il ne s’agit que d’un lecteur, les étudiants seront moins distraits. Avec l’option 3G du Kindle, les livres peuvent être envoyé dans des endroits lointains en fonction de l’expansion des réseaux 3G. Les fonctionnalités Internet sont très limitées. « Il est possible de télécharger un article de Wikipedia mais l’Internet est vraiment très limité ». En plus, une recharge d’une heure permet parfois de faire fonctionner le lecteur jusqu’à deux semaines mais bien sur l’électricité est indispensable. Après l’évaluation de la phase pilote, l’ambition au moyen terme est en deux parties: tirer les leçons de la phase pilote et continuer à s’agrandir et deuxièmement le déploiement dans plus de pays dont certains seront africains au court terme. « Le choix est basé sur différents facteurs mais deux sont vraiment importants. Il y a le facteur concernant l’infrastructure: est-ce qu’il y a une couverture 3G ? Mais la vraie question, c’est que nous essayons de changer le comportement humain. En terme d’expansion géographique, il s’agira de la volonté du Gouvernement d’adopter ce projet ». Worldreader.org n’est pas la première organisation à s’engager dans cette voie.