Ile de la Réunion: le rapport qui veut se passer du Safe

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Dans un récent rapport sur les nouvelles technologies, le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) suggère de se passer du Safe, le câble qui permet de connecter la Réunion à Internet. Il préconise de relier l’île à l’un des grands câbles qui connecte l’Afrique de l’Ouest à Internet.

Le Safe n’est pas mort. Mais ça ne devrait plus tarder. Selon de nombreux professionnels interrogés par le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) dans le cadre du rapport sur “Les technologies de l’information et de la communication : un enjeu majeur”, ce câble que relie Internet à la Réunion a une durée de vie comprise entre 8 et 13 ans. Sa capacité limitée, seulement 340 gigas octets, ne lui permettra plus de répondre d’ici quelques années aux besoins croissants des usagers. “Le câble est aussi très fragile. Si jamais la connexion était rompue avec l’Inde et la métropole (ndlr, les deux extrémités du câble), la Réunion n’aurait plus de connexion Internet”, s’inquiète Guy Dupont, co-auteur de ce rapport avec Bruno Millot. Alors, les deux experts ont imaginé une solution : construire un câble sous-marin jusqu’en Afrique du Sud afin de relier la Réunion à l’un des deux câbles qui permet à l’Afrique de l’Ouest de se connecter à Internet. Quinze fois plus puissant que le Safe, il permettrait également de se passer de la dépendance financière au Safe.

“Son caractère unique (...) n’incite pas à la baisse drastique des tarifs qui restent excessivement supérieurs à ce qu’on peut trouver en métropole”, écrivent les auteurs du rapport. Le consortium, dont France Telecom fait partie, vend 186 euros le méga octet de bande passante aux fournisseurs d’accès. En métropole, le tarif est de 15 euros. “Cet investissement est à la portée de la Réunion. Il faudrait quelques dizaines de millions d’euros pour relier la Réunion à l’un de ces câbles, estime Guy Dupont. Bien sûr, il existe d’autres solutions comme les câbles Lion 1 et Lion 2 qui doivent relier les différentes îles de l’océan Indien à l’Afrique de l’Est d’ici quelques années. Il peut y avoir un intérêt à utiliser ces câbles uniquement s’ils sont gérés par plusieurs opérateurs. Or, pour le moment, ce n’est pas totalement le cas. France Telecom est seul gestionnaire sur Lion 1”. Les auteurs exposent d’autres solutions pour faciliter la navigation Internet à la Réunion. Ils proposent notamment la mise en place de serveur caches qui permettraient d’économiser de l’énergie tout en limitant l’usage de la bande passante. Dans le même registre, les deux auteurs prônent la mise en place de data centers (hébergement de serveurs pour les entreprises). Enfin, ils suggèrent de rendre obligatoire “l’alimentation en fibre de ces zones d’activités et de tous les bâtiments publics”. L’objectif de toutes ces suggestions est de permettre à la filière réunionnaise des TIC de rester le premier secteur économique de l’île. Celui-ci emploie 6,000 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,5 milliard d’euros
Le rapport est disponible sur le site du Ceser : www.cesr-reunion.fr