Burkina Faso: Plus de 80% de taux d'identification des abonnés du mobile

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L'Autorité de régulation des communications électroniques a initié une vaste campagne d'identification des puces téléphoniques des abonnés. Cette opération qui a commencé depuis quelques mois est faite en étroite collaboration avec les différents opérateurs de téléphonie mobile. Cette identification est faite dans un souci de sécurité, a laissé entendre Mathurin Bako, président de l'ARCE.

A 48 heures de la date buttoir fixée par l'autorité de régulation aux opérateurs, l'ARCE a fait un tour le 13 décembre dans les agences de Telmob, Telecel et Airtel pour constater le déroulement sur le terrain.

S'il y a un moyen de communication que les Burkinabè ont intégré dans leur habitude c'est bien le téléphone. En effet, il ne se passe pas un jour sans que nous ne communiquons. En même temps que cet outil a révolutionné notre monde, il se pose la question de sécurité.

Car il est devenu courant que les bandits commettent leur forfaiture en utilisant le téléphone pour la réussite de leur opération. Parfois ces puces utilisées ne permettent pas aux forces de sécurité et aux opérateurs d'identifier ces derniers.

Aussi, il n'est pas rare de voir une personne acheter une puce téléphonique sans se faire identifier au préalable. Le comble c'est la vente de ces puces à la sauvette devant les agences de téléphonies qui ne se soucient pas des questions sécuritaires. Face à une telle situation, l'Etat burkinabè à travers l'ARCE, a lancé l'opération d'identification.

A Telmob où Mathurin Bako et son équipe ont entamé leur visite, il ressort de l'avis du directeur de service Telmob, Bamouni Péma, que tout se passe bien au point qu'à ce jour, ils ont un taux d'identification de 80% et espèrent d'ici là atteindre le taux fixé par l'ARCE qui est de 90%.

Pour atteindre ce taux, les responsables de Telmob ont recruté près de 2 600 jeunes qui se répartissent sur l'ensemble du territoire pour procéder à l'identification. Parmi eux, il y a ceux qui sont chargés de la saisie à Ouaga et Bobo. Telecel a initié également une stratégie en procédant au recrutement de 550 jeunes dont une équipe est chargée de l'identification et une autre est commise à la saisie.

A ce niveau, plusieurs équipes se relayent et travaillent de façon continue afin d'être dans les délais. Au niveau de Telecel, le taux d'identification est de 83%, selon son directeur, Dimitri Ouédraogo.

Pour ce qui est de l'opérateur Airtel, les choses se passent nettement mieux. C'est également par des équipes de jeunes, près de 1 200 personnes qui sont commises à cette tâche. Mais Airtel va plus loin en permettant à ces abonnés de pouvoir se faire identifier à travers leur portable téléphonique pour ceux qui sont connectés à l'Internet.

De l’avis du directeur des Affaires juridiques et du contentieux, Daouda Sanou, à 48 heures de la fin de l'opération, ils sont à 85% de taux d'identification. Dans cette opération titanesque, des difficultés ne manquent pas. Des individus viennent avec des documents qui ne respectent les consignes prescrites par l'opérateur, comme le récépissé de la CNIB.

Curieusement, certains viennent pour identifier les puces de parents et amis sans une pièce justificative. Le pire, selon les agents commis à l'identification, des personnes disent que cette opération n'est que du bluff. Toutes ces difficultés se rencontrent chez tous les opérateurs.

Dans l'optique de permettre à tous leurs abonnés de pouvoir s'identifier, les premiers responsables de télécommunications souhaitent que l'ARCE prolonge le délai. A cette éventualité de report, le président de l'ARCE reste ferme et catégorique : les retardataires verront leurs puces téléphoniques désactivées le 15 décembre 2010. Car, dira t-il, l'ARCE a pris toutes les dispositions pour que les abonnés puissent aller s'identifier à cette date.