Tunisie: Absence de projets d’envergure et règle du moins-disant, les freins à l’évolution du secteur TIC

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Bien que le 12ème le Plan de développement 2010-2014 présente une enveloppe d’investissement du secteur des TIC de 5.700 millions de dinars, ce chiffre masque en réalité des disparités entre le secteur télécoms-téléphonie, et le secteur des services liés aux TIC comme les SSII, les éditeurs de logiciels, les intégrateurs, les entreprises de services informatiques ou de développement, dont le chiffre d’affaires a reculé de 22% en 2010 selon la Chambre syndicale.

En effet, le gros des investissements répertoriés dans la rubrique “TIC“ va dans les télécoms (Tunisie Telecom, Tunisiana, Orange). A l'analyse des détails pour les logiciels, formation, plateformes matérielles, développement et intégration, on remarque le net recul depuis l’année 2009, car en dehors du secteur des télécom, les entreprises nationales, le secteur bancaire, les administrations publiques et le secteur privé n’ont pas permis au secteur TIC de se développer, vue la diminution des budgets alloués et des projets lancés.

On note même, au cours des 9-10 premiers mois de l’année 2010, l’absence de grands projets publics de type portails e-commerce, e-gouvernement, e-sante, sans oublier que d’autres projets d’envergure ont été soit annulés, soit reportés comme c’est le cas du projet Carte Santé de la CNAM d’une valeur d’investissement de 12 millions de DT.

Alors, dans le même ordre d’idées, on se pose la question de savoir où sont les projets TIC des grands comptes comme la STEG, la Poste tunisienne, Tunisair, la SONEDE, etc.

Même problématique en ce qui concerne les chiffres export ou les revenus du roaming en Tunisie qui sont comptabilisés dans le secteur “services“, ce qui masque et marginalise la part des logiciels des services associés ou des prestations d’engineering. Et du moment où le service roaming est comptabilisé dans les chiffres export TIC, cela fausse toute la problématique et induit en erreur même le planificateur.

Conclusion: avec des progrès réels dans la formation, la réglementation, la réduction des budgets, l’absence de projets mobilisateurs et la règle du moins-disant freinent le secteur TIC, réduisent l’investissement, ce qui a un impact négatif sur l’emploi.