« Trop peu de projets de stations de base utilisant des énergies renouvelables en Afrique » - ce sont les conclusions d’un nouveau rapport qui vient de paraître

L'éditorial du mois

Le nombre de stations de base utilisant des énergies renouvelables en Afrique reste faible. Seulement 3.1% du nombre total de déploiements à travers le monde (9,558) sont situés en Afrique. Cette annonce tombe tandis que la presse rapportait la semaine dernière une augmentation alarmante du prix du pétrole brut avec le baril de brut Brent franchissant le seuil des 101 dollars US pour la première fois depuis octobre 2008.

Un grand nombre de stations de base en Afrique nécessitent deux générateurs et dans certains cas leurs réservoirs peuvent contenir parfois jusqu’à trois mois d’approvisionnement en fuel. Des stations de base dans les régions plus reculées doivent être approvisionnées par bateau ou par chariot et dans les pays les plus grands, les opérateurs gère une importante flotte de camions pour assurer l’approvisionnement en fuel de leurs stations de base.

Isabelle Gross, l’auteur du rapport publié par Balancing Act intitulé « Energy for Cellular Base Stations in Africa: the quick fix approach and the long term perspective to saving energy » explique que « les opérateurs mobiles ne devraient pas prendre le manque d’expertises techniques pour une excuse pour ne rien faire. Les opérateurs mobiles en Afrique doivent prêter plus d’attention aux coûts associés aux opérations qu’ils gèrent. Dans cette perspective, les dépenses énergétiques figurent  dans le top palmarès des dépenses à contrôler. Isabelle Gross souligne aussi que « l’ARPU voix va continuer son érosion par le bas en raison de la baisse continue des prix des appels téléphoniques et l’acquisition de nouveaux clients disposant de revenus plus bas. La pression de côté du chiffre d’affaires va aller en augmentant pour les opérateurs mobiles ». Au Ghana par exemple, l’ARPU voix est passé de 17 dollars US en 2006 à 7 dollars US en 2010.

Le rapport indique que lorsqu’il s’agit de réduire les dépenses énergétiques « il n’y a de solutions clef en main mais cela peut être fait ». La meilleure approche consiste d’abord à voir comment gérer les stations de base de façon plus efficace sur le plan énergétique. En d’autres termes, il s’agit de l’approche « système D » qui consiste à modifier ou à re-paramétrer certains équipements dans la station de base pour réaliser des économies d’énergie sans avoir besoin de réaliser des investissements. Le système de refroidissement est par essence un bon point de départ parce qu’il peut représenter jusqu’à 35% de la consommation totale d’électricité d’une station de base. Cette part peut augmenter à 50% s’il y a moins d’émetteurs utilisés. Des opérateurs mobiles comme Vodacom, Orange ou MTN ont commencé à expérimenter des solutions de refroidissement naturel en combinaison ou non avec par exemple une augmentation de la température dans la cabine de la station de base.

En parallèle à l’analyse détaillée des différentes systèmes mis en place par les opérateurs mobiles pour gérer plus efficacement leurs stations de base, le rapport présente aussi les solutions « vertes » disponibles sur le marché et qui permettraient aux opérateurs mobiles de réduire encore plus leur facture énergétique. Il y a de plus en plus de solutions à disposition utilisant des énergies renouvelables (énergie solaire ou éolienne, solutions fonctionnant avec des biocarburants, pile à combustible à l’hydrogène) mais toutes impliquent au départ un investissement considérable en capital.

Le rapport propose une analyse commerciale des solutions « vertes » pour les stations de base tout en donnant des exemples d’opérateurs mobiles africains qui ont commencé à déployer des projets d’énergie renouvelable pour alimenter leurs stations de base. Le rapport établit que l’énergie solaire en conjonction avec un générateur diesel requiert le plus faible investissement en capital. Dans ce cas de figure, les coûts d’exploitation seront réduits (baisse de la facture carburant) mais pas totalement éliminés. Une combinaison énergie solaire et éolienne supporté par des batteries permet de réduire au maximum les frais d’exploitation mais représente l’investissement en capital le plus lourd.

Selon l’auteur du rapport, l’approche « système D » permettra de réduire les coûts d’exploitation mais seulement jusqu’à un certain niveau. Pour réduire d’avantage ces coûts, il va falloir faire un investissement en capital pour soit acheter des équipements plus efficaces soit pour déployer des solutions d’énergie renouvelable. La décision financière revient en fin de compte aux opérateurs mobiles et dépend de leur stratégie d’investissements et ainsi que de leur vision quant à leur rôle au long terme.

Ce rapport de 45 pages contient 5 illustrations, 4 tableaux, 8 graphiques et 4 cartes. Il se termine par un annuaire de sociétés offrant des équipements et des services pour améliorer l’efficacité énergétique des stations de base ainsi que les coordonnées d’entreprises proposant des solutions utilisant des énergies renouvelables. Cet annuaire sera bien à toute personne qui va se trouver en charge de ces questions dans l’avenir.

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