Congo-Kinshasa: Assassinat de Chebeya: Le tribunal fait appel à des experts en téléphonie mobile

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Le long procès des policiers accusés d'avoir assassiné le défenseur des droits de l'homme Floribert Chebeya se poursuit à Kinshasa. Les prévenus dans le box n'ont rien avoué, et les témoins ne disent pas grand-chose. Bref, on est encore loin de la vérité. A la recherche de preuves, l'accusation fait appel aux listings téléphoniques pour démêler les fils du complot.

 Dans ce procès, il n'y a quasiment que des policiers, dans le box bien sûr, mais aussi à la barre des témoins. Le problème est qu'ils ont tous tendance soit à se soutenir les uns les autres soit à avoir peur les uns des autres. C'est au prix de longs interrogatoires laborieux qu'on ne leur arrache que quelques bribes d'information.

Le tribunal fait donc appel à la technologie de la téléphonie mobile pour savoir qui a appelé qui, à quelle heure, avant et après l'assassinat de Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana. Des experts des sociétés de téléphonie mobile sont appelés à la barre. Chargés de longs listings d'appels, et sous serment, ils doivent décortiquer les coups de téléphone, émis ou reçus, à quelle heure, et combien de secondes.

La technologie permet aussi de savoir dans quelle zone se trouvait un téléphone car, sur ces mêmes listings, on peut retrouver la trace des différentes antennes des réseaux. En RDC c'est encore plus compliqué qu'ailleurs car presque tout le monde a deux, voire trois portables suivant le nombre de sociétés de téléphonie, vous multipliez par le nombre d'accusés et de témoins. Cela aboutit à un exercice proche du casse-tête.