Services informatiques en Afrique: Konan System apporte des réponses terrain

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Il fut un temps ou les entreprises africaines appelaient des ingénieurs d'Europe ou d'ailleurs pour intervenir sur des problématiques informatiques locales. Ce phénomène est en train de changer avec l'émergence de nouvelles SSII locales en Afrique. Konan Systems est l'une d'entre elles.

La société, établie à Abidjan (Côte d'Ivoire) apporte des réponses aux problèmes de sécurité et de fiabilité des systèmes d'information. Konan Systems est le premier pôle organisationnel spécialisé dans la sécurité et la fiabilité des systèmes d'information à travers les technologies Unix, Linux et Open-source.

Stéphane Konan, directeur de la société est interviewé par Sylvain Béletre, Balancing Act Africa. Voir les deux interviews en vidéos:

http://www.youtube.com/watch?v=FDCCXMEhhBQ
http://www.youtube.com/watch?v=FQ4gJm2CnSQ

Décrivez-nous votre société:
Konan Systems est un spécialiste du déploiement et de la maintenance des data centres et des services informatiques en Afrique. L'entreprise a 3 ans d'existence puisque nous avons démarré en décembre 2007. Nous sommes spécialisés dans les technologies open source Unix, Linux, et nous garantissons la continuité de service et la sécurité des Data Centres. Nous mettons par exemple en place des plateformes de support technique qui peuvent être contrôlées à distance.

Nous fournissons aussi des formations, des audits en sécurité et en performance.

Nos clients sont des opérateurs de téléphonie, des banques, grandes entreprises de l'industrie et quelques fois des gouvernements. Nous employons de jeunes ingénieurs, tous africain et formés par Konan Systems.

Parlons des data centres en Afrique: pouvons-nous nous en dire plus sur le besoin local dans ces équipements?
L'Afrique a besoin de plus de data centres mutualisés, partagés. Nous intervenons actuellement sur 11  data centres (propriétaires) en Afrique. L'information est capitale dans les économies du 21ème siècle. Cette information se trouve ou transite par les data centres.

C'est une raison suffisante pour affirmer qu'il est important que des data centres soient implantés sur le continent africain et non en dehors du continent.

Par ailleurs, ces data centres requièrent des expertises locales. L'apport en terme de développement économique pour l'Afrique est évident.

Enfin, il existe des réglementations qui obligent les acteurs locaux à héberger leurs données localement.

Comment vous est venue l'idée de monter cette société?
L'entreprise est née à partir de l'idée que, au-delà de l'informatique, le développement des pays du tiers-monde reposera entre autres sur le partage et la diffusion du savoir:

On le voit avec l'essor des technologies Open Source, technologies Wiki (encyclopédies collaboratives, telles que Wikipedia), éducation à distance (OCW, OpenCourseWare), etc.

Nous avons également estimé qu'il était important que l'Afrique acquière, mais soit également capable d'exporter de l'expertise, de la matière grise. C'est ainsi qu'un accent particulier est mis sur le savoir-faire technologique.

Combien de personnes employez-vous?
Nous sommes 32 personnes dont 3 au service administratif, le reste étant des ingénieurs et consultants internes ou externes.

Sur quels territoires travaillez-vous?
Nous travaillons uniquement sur l'Afrique francophone, 10 pays d'Afrique aujourd'hui. Nous sommes intervenus également à Dubaï et au Danemark en 2010; tandis que des marchés important se profilent à l'horizon en Italie. Notre spécificité est de vendre notre expertise qui peut être proposée partout dans le monde.

Comment formez-vous les équipes?
25-30% de notre CA va à la formation interne. Nous avons mis en place une veille technologique continuelle avec des sessions ponctuelles animés par des experts (que je remercie au passage pour leur aide bénévole) et l'utilisation d'outils e-Learning. La formation est notre élément moteur.
 
Est-ce que le gouvernement accompagne votre formation?
Non, et il n'existe pas à ma connaissance d'aide gouvernementale en CI pour aider à ce type de formation. En tout cas nous n'en bénéficions pas. Le gouvernement fait des efforts certes, avec par exemple le FDFP (fond pour le développement de la formation professionnelle) mais qui ne couvre pas notre champ d'activité.

Cherchez-vous des partenaires et lesquels?
Nous sommes en quête permanente de savoir; à ce titre et dans le cadre de l'extension de notre champ de compétences au Cloud Computing et à la Cybersécurité, nous sollicitons des partenariats techniques.

Avez-vous besoin de plus d'ingénieurs locaux?
Le marché mondial est demandeur. Notre principal motif de fierté pour l'heure est d'avoir imposé un modèle économique qui marche.  Le secteur des nouvelles technologies de l'information a besoin de spécialistes en virtualisation capable par exemple de définir des architectures de Cloud Computing ou de spécialiste en analyse forensique informatique pour aider dans des enquêtes de police: pourquoi pas des jeunes africains?

Avec les récents évènements en CI, comment gérez-vous la situation?
Le fait que nous intervenions principalement hors du pays n'a pas beaucoup affecté nos contrats. La demande ne faiblit pas. Néanmoins les problématiques de sécurité impactent nos opérations.

Comment vous différenciez-vous de la concurrence?
Nous ne voyions pas les choses de cette manière. Nous regardons avec beaucoup d'attention et de respect nos vrais concurrents, c'est à dire ceux qui mènent le débat sur le plan de la technique et des solutions. Nous essayons de surpasser nos prédécesseurs, ce n'est pas chose aisée mais c'est stimulant.
 
Votre CA 2010?
Insuffisant au regard de nos ambitions. Je me réjouis par contre de la satisfaction de nos clients et surtout du fait de contribuer humblement à donner des perspectives sociales nouvelles à de jeunes frères africains.
Plus d'info sur: http://www.konansystems.net