Quand les Pme-Pmi font prosperer la contrefaçon en Côte d’Ivoire

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Il n’est plus rare de voir sur le marché la version contrefaites des derniers logiciels mis sur le marché par Microsoft. A Abidjan comme dans la plupart des capitales de l’Afrique de l’Ouest, c’est chose courante de voir des étudiants en possession de logiciels contrefaits. Même dans le commerce aussi, des revendeurs informatiques ont décidé de se mettre sur la niche de la distribution des logiciels Microsoft contrefaits. Le piratage fait désormais partie de la vie des logiciels. Avant, c’était des particuliers qui fraudaient sur l’utilisation d’un logiciel dans le secret de leurs maisons. Mais aujourd’hui, les PME-PMI ont franchi le pas de la contrefaçon. Le piratage a pignon sur rue à Abidjan.

Rien qu`en 2009, Microsoft a recensé plus de 150 000 signalements de logiciels contrefaits, à travers le monde ! Et selon le logiciel contrefait, la facture peut être salée pour Microsoft, tant le prix de certains logiciels peut se chiffrer à plusieurs millions francs par licence. Si la contrefaçon de logiciels chez les particuliers est connue, elle ne constitue qu`en fait que la partie émergée de l`iceberg : car les entreprises ne se montrent pas toutes diligentes lorsqu`il s`agit d`acheter des licences pour chaque poste dans l`entreprise !

Selon des experts de Microsoft Abidjan, les PME-PMI qui ont recours à des « petits installateurs » de logiciels ne doivent comprendre qu’elles ne piratent Windows par exemple, mais plutôt qu’elles utilisent une version piratée. Car en réalité, les "pirates" partent d`un système d`exploitation légal qu`ils modifient à leur guise. Ces logiciels sont ensuite vendus à vil prix avec une possibilité d’utilisation à l’infini. Sur les logiciels contrefaits, on trouve souvent les modifications suivantes : suppression ou contournement des systèmes anti-piratage, ajout/suppression de composants, de logiciels ou d`utilitaires, modification de fichiers systèmes.

Presque systématiquement aujourd’hui, sans doute pour des questions de coût, les nouvelles PME-PMI en Côte d’Ivoire font appel à des prestataires de services informels pour l’installation de nouveaux logiciels sortis chez Microsoft. C’est le cas de N.A qui travaille dans une société de communication que nous avons rencontré à Yopougon, dans la banlieue abidjanaise :

« J’ai un CD d’installation de toutes les nouveautés en matière de logiciels. Donc quand une entreprise le souhaite je leur installe ces logiciels moyennant un petit paiement.»

Les clients de N.A se comptent ainsi à l’appel. L’installation des logiciels « crackés » marche comme des petits pains. Pour une somme forfaitaire qui varie entre 50 et 100 mille francs CFA, N.A semble avoir trouvé le créneau.

Il en est ainsi de cette affiche placardée sur un mur dans le centre des affaires au Plateau, dans la capitale économique ivoirienne. On lit : « INSTALLATION INFORMATIQUE : WINDOW XP, WINDOW 7 (HOME, PROFESSIONNAL, ENTERPRISE) » etc. etc.

En effet, à côté des logiciels comme Acrobat et Photoshop ou des antivirus, ce sont les logiciels bureautiques et les systèmes d`exploitation qui sont les plus piratés en entreprise. Ils représentent respectivement 34% et 23% des logiciels piratés en entreprises selon des spécialistes.
Par cette pratique, les entreprises semblent en fait contourner l`acquisition des logiciels coûteux à l`achat... ou en maintenance.

Selon M. Ibrahim Youssry, le Directeur Général Afrique de l’Ouest, du Centre et Australe de Microsoft, ce sont des sommes colossales qui sont ainsi perdues qui représentent un manque à gagner non seulement pour Microsoft mais aussi pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Aucune évaluation chiffrée n’existe, mais du côté de la représentation ivoirienne du N°1 mondial de logiciels, on affirme que la note de la contrefaçon est des plus salée.

La contrefaçon est de toute évidence un délit condamné par la loi sur le respect de la propriété intellectuelle. Les entreprises le savent. Pour celles qui ne le savent pas, car il peut arriver que des entreprises soit « victimes », comme Microsoft, de piratage, et utilisent des logiciels piratés sans le savoir, elles peuvent bénéficier de plus de clémence.

Mais, en général, l`utilisation d`un logiciel contrefait ou piraté peut coûter très cher à l`entreprise ou aux individus qui se rendent coupable de ce délit. Le BSA (Business Software Alliance), une association regroupant les éditeurs de logiciels a par exemple calculé qu`en 2008, l`ensemble des procès intentés contre des entreprises situées en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique aurait coûté plus de 18 millions d`euros aux entreprises condamnées pour piratage, en additionnant les dommages et intérêts et le rachat de logiciels licites. Mais le Code de la propriété intellectuelle prévoit des peines beaucoup plus lourdes en cas de piratage de logiciels !

Ainsi, les entreprises peuvent se voir condamnées à payer lourdes amendes assortie de la fermeture totale ou partielle, définitive ou temporaire de l`établissement ayant servi à commettre l`infraction et de la confiscation du matériel ayant servi à commettre le délit.

Autrefois, un logiciel acheté pouvait être installé plusieurs fois et sur plusieurs ordinateurs. Chez Microsoft, il y avait comme une volonté de compter sur la bonne fois des utilisateurs en se disant qu’ils respecteraient « la propriété intellectuelle » et que conséquemment, ils n’en limiteraient l’usage qu’à une portée personnelle.
C’était trop confiance aux hommes. Depuis lors donc, d’autres moyens de contrôle plus coercitifs ont été trouvés en dehors des campagnes de sensibilisation ou des mécanismes de dénonciation:

Microsoft propose désormais des procédures d`installation du plus en plus longues et de plus en plus sécurisés pour lutter contre la contrefaçon de logiciels. Ainsi, Microsoft ne se contente plus uniquement de demander la clé d`activation lors de l`installation du logiciel. Microsoft oblige plus les utilisateurs à re-renseigner leur numéro de licence et à enregistrer le logiciel sur le site de la marque afin de vérifier l`authenticité du produit. Mieux, il n`hésite pas à resserrer les mailles du filet et à compliquer la tâche des utilisateurs qui souhaiteraient utiliser le logiciel indûment !

Microsoft est plus que jamais décider à ne pas se faire échapper le produit de son travail. Il n’hésite plus à déployer de grands moyens et à imposer des contrôles réguliers d`authenticité du logiciel aux utilisateurs. Ainsi, depuis quelques années, Microsoft propose aux utilisateurs de ses logiciels de participer au programme Windows Genuine Advantage. Ce programme permet à Microsoft de vérifier que le logiciel, comme Windows 7, par exemple est bien authentique et qu`il ne s`agit pas d`une contrefaçon. Dès le que Windows Genuine détecte une version contrefaite, il le signale à l`utilisateur via l`apparition d`une petite pastille dans la barre de tâches. Dès qu`un logiciel piraté est détecté, il est impossible à l`utilisateur d`effectuer des mises à jour de sécurité, ce qui peut se révéler fatal s`il s`agit du système d`exploitation !