Twitter par SMS suspendu au Cameroun

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Au Cameroun, le service Twitter Mobile, ce réseau social qui permet d'envoyer des mini-messages aux autres abonnés, notamment via les téléphones portables, a été suspendu mardi dernier par les autorités. La nouvelle a aussitôt été relayée par les médias locaux et les sites d'information en ligne qui s'interrogent toujours sur les motifs de cette suspension.

« Le service de SMS sur Twitter sur l'opérateur MTN Cameroun a été suspendu par le gouvernement camerounais ». Une semaine exactement après le post de ce « tweet » sur le site officiel du géant américain du microblogging, on ignore toujours les raisons officielles qui ont bien pu motiver les autorités à suspendre cette application distribuée par MTN, leader local de la téléphonie mobile. Ni le gouvernement joint par RFI par l'intermédiaire de son porte-parole, le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, ni l'opérateur privé MTN ne se sont exprimés sur le sujet.

Le gouvernement camerounais craindrait-il le cyber-activisme ? Dans le contexte des révolutions arabes où les réseaux sociaux et les nouvelles technologies ont largement servi de caisses de résonnance aux manifestants, l'hypothèse selon laquelle les autorités craindraient le développement de ce redoutable outil de communication a fait son chemin sur les blogs et les sites d'information en ligne camerounais.

Cette suspension de Twitter intervient en effet quelques jours après l'appel lancé par l'opposition à manifester, le 23 février dernier. A l'époque, des SMS non identifiés circulent pour inciter les Camerounais à descendre dans les rues des principales villes du pays contre le régime du président Paul Biya, au pouvoir depuis 28 ans. Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, s'était d'ailleurs emporté à la veille du 23 février, devant la presse, contre les Camerounais de la diaspora utilisant Facebook et les réseaux sociaux pour tenter, selon lui, de lancer un mouvement de protestation.

L'importance des réseaux sociaux est toutefois à relativiser au Cameroun. Facebook - de loin le plus populaire - ne compterait que 300 000 utilisateurs (soit 1,5% de la population). Quant à Twitter Mobile, sur les 8 millions d'abonnés téléphonique, l'opération n'affecterait qu'une « cinquantaine de personnes », selon un cadre de l'opérateur cité par le site en ligne Aganews.com. Le bloggeur Dibussy Tande ironise ainsi sur le fait que la vraie « menace » potentielle à la sécurité nationale viendrait plutôt des SMS standard très populaires au Cameroun et des Smartphones qui permettent notamment de capter des photos et des vidéos avant de les poster en un tour de main sur internet à l'adresse du monde entier. Ironie du sort : la suspension de Twitter et la polémique qui s'en est suivi ont offert une publicité inopinée au microblogging largement méconnu au Cameroun, qui reste disponible sur internet et messagerie instantanée.