Congo-Kinshasa: Procès Chebeya - Controverse autour des relevés d'appels fournis par Vodacom

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Malgré les explications de l'expert de la société de téléphonie cellulaire Vodacom sur le manque des relevés d'appels de certains protagonistes cités da ns l'affaire Chebeya, la partie civile argue que la fraude est manifeste.

Les renseignants continuent à faire leurs dépositions dans l'affaire qui oppose le ministère public aux assassins présumés de Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi.

Hier jeudi 10 mars, la Cour militaire de Kinshasa/Gombe a eu à entendre les explications de l'expert Marcellin Bokungu de Vodacom, ainsi que les déclarations des activistes des droits de l'Homme Robert Ilunga Numbi de L'ONG « Les amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains (ANMDH) » et Christopher Ngoyi Mutamba de L'ONG « Synergie Congo culture et développement humain (S.C.C.D.) », y compris celle de M. Christophe Mukalay Mulungu, conseiller en communication à l'Inspection générale de la police.

Pour l'essentiel, l'expert Marcellin Bokungu de Vodacom a expliqué que l'établissement des appels est une chose, mais leur génération en est une autre. Selon lui, un système peut ne pas envoyer toutes les données.

Il a fini par dire à la Cour : « La partie civile doit comprendre qu'il peut arriver que des appels se perdent. Mais au niveau du réseau, ils sont envoyés tels quels ». Au sujet des appels émis de l'extérieur, il a déclaré que les partenaires donnent le numéro Usi, qui est le numéro interne de la carte SIM, mais non le numéro du téléphone.

Sur ce point, Me Kabengela Ilunga de la partie civile a fait remarquer que bien que Vodacom dise que pour la date du 27 mai 2010 à 17h00", il y aurait eu aucun appel entre le colonel Daniel Mukalay et le général John Numbi, cela n'est renseigné nulle part.

Par contre, a-t-il souligné, le 21 mai, pendant que le général John Numbi est censé être à l'extérieur, il avait appelé le colonel Mukalay et ils ont causé pendant 426 secondes.

L'avocat a précisé que c'est pour dire que le raisonnement tenu par Vodacom ne tient pas debout lorsqu'elle soutient que cela est dû au fait que John Numbi se trouvait en Zambie. Il a relevé que pour les dates du 18 et du 19 mai, c'est toujours le code 243 qui apparaît, mais on n'a aucun code d'un autre pays.

Il a fini par lâcher : « C'est-à-dire que Vodacom connaît quelque chose sur ce que nous lui reprochons ». Me Kabengela a fini par annoncer que la partie civile dira les conséquences de droit contre Vodacom, car la fraude est manifeste.

De son côté, Me Richard Bondo a demandé si Vodacom peut avoir l'élégance de déposer à la Cour les données, afin qu'on puisse s'adresser à ces partenaires extérieurs.

Mais l'expert Marcellin Bokungu a fait voir que les données des partenaires sont dans les documents déposés à la Cour. A ce sujet, Me Kabengela est revenu à la barre pour faire remarquer que les noms de ces partenaires n'apparaissent nulle part.

Il a donc souhaité que l'on puisse les connaître. Là, l'expert a dit qu'il y a Vodacom Mozambique, Vodacom Afrique du Sud et Mobile Télécom. Non satisfait, Me Kabengela a souhaité que Vodacom donne les sites des partenaires, afin que la partie civile aille vérifier.