Afrique: Rupture d'adresses IP - L'heure est venue de passer à l'Internet Protocol version 6

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AfriNIC, le registre Internet pour l'Afrique et l'océan Indien, avise le public sur l'épuisement des adresses IP (Internet Protocol), version 4 ( l'IPv4). L'heure est cruciale de s'assurer que chaque équipement pouvant se connecter à Internet, soit compatible au nouveau protocole d'Internet, à savoir, l'IPv6.

Un nouveau chapitre se tourne dans le domaine de l'Internet. Les jours de l'Internet Protocol version 4 (IPv4) sont comptés. Cette adresse unique composée de quatre nombres entiers permet aux ordinateurs de communiquer entre eux sur le réseau Internet. L'IPv4 est menacé par une hausse accrue des besoins d'adresses IP, au fur et à mesure que les télécommunications prennent de l'ampleur.

AfriNIC, dont le siège à Maurice se trouve à Ebène, a tenu un point de presse ce mardi 8 mars sur l'urgence de la transition de l'IPv4 à l'IPv6. Quoi qu'aucune date n'ait encore été arrêtée pour l'instant, pour que ce dernier devienne le protocole Internet par défaut, il est temps de se tenir prêt à l'accueillir.

Dorénavant, toute personne ou organisation doit s'assurer que leur appareil ou équipement pouvant accéder à Internet, soit compatibles à l'IPv6.

« Nous devons réagir rapidement car il ne reste que très peu d'adresses IPv4. Il faut que la communauté se réveille car le temps nous est compté. Il faut se focaliser non sur l'épuisement mais sur le post-épuisement, car une adresse IP est primordiale pour accéder à Internet », a déclaré Adiel Akplogan, le directeur général d'AfriNIC.

Avant d'ajouter que l'IPv6 est une sauvegarde pour la pérennité de l'Internet . « Le gouvernement a aussi un rôle vital à jouer et il doit prendre les devants afin d'informer la population que l'IPv6 est prêt. Il doit aussi encourager les opérateurs à adopter le nouveau protocole d'Internet, au risque de ne pouvoir se connecter au monde entier, une fois l'IPv4 épuisé », a indiqué Adiel Akplogan.

Celui-ci a aussi répliqué à une question de la presse, que certains fournisseurs d'accès à Internet et autres opérateurs proposent des services de mises à niveau IPv4-IPv6. Toujours selon lui, le problème se pose pour les anciens modèles ou équipement et que dans ces cas, ils doivent être remplacés par des nouveaux.

Quant au président d'AfriNIC, le Dr Viv Padayatchy, il est d'avis qu'il faut saisir la chance avec l'IPv6 et ne pas commettre la même erreur qu'avec l'IPv4 . « L'Afrique a été la dernière à embarquer à bord du train. Saisissons cette nouvelle opportunité et préparons-nous à cette nouvelle technologie», a-t-il souligné.

Le 3 février dernier, AfriNIC a obtenu les derniers blocs d'adresses IPv4 pour la région, ce qui représente environ 16.7 millions de nouvelles adresses IP, de l'Internet Assigned Numbers Agency (IANA). A ce jour AfriNIC a alloué neuf adresses IPv6 à des organisations mauriciennes, dont Mauritius Telecom et Emtel.

L'IPv6 a été conçu vers la fin des années 90 par l'Internet Engineering Task Force. Il utilise 128 bits, contre 32 bits pour l'IPv4, qui représente un potentiel énorme pour la connexion à Internet et un nombre illimité d'équipements. Ce qui offre plus de flexibilité et d"efficacité et permet de ne jamais être en rupture d'adresses.