Vidéos et films: la prochaine étape pour les internautes mobiles

L'éditorial du mois

La vitesse à laquelle Facebook a été adoptée dans les pays du continent africain qui servent de baromètre pour mesurer les adoptions précoces a été impressionnante. Twitter est un peu à la traîne avec des chiffres plus petits mais ce n’est qu’une question de temps. Le réseau social MXit en Afrique du Sud a connu une forte adoption. Ce qui a manqué dans l’explosion des médias sociaux c’est l’intérêt pour les vidéos et les films via des sites comme YouTube et Vimeo. Russell Southwood argumente que cette montée en puissance est proche et sera supporter par le mobile.

Alexa.com propose un classement des sites internet pour 14 pays africains. La liste ci-dessous donne le classement de YouTube pour ces pays.

Egypte: 3
Algérie: 3
Tunisie: 3
Maurice: 4
Afrique du Sud: 4
Ouganda: 5
Tanzanie: 5
Congo-B: 5
Kenya: 5
Sénégal: 5
Nigéria: 6
Ghana: 6
Côte d’Ivoire: 6
Madagascar: 8

La chose la plus incroyable dans ce classement c’est le niveau élevé d’usage  qui est clairement là bien avant la capacité pour assurer une bonne transmission. Les jeunes sont les principaux utilisateurs et le fait qu’une université du Ghana a interdit à ses étudiants d’y accéder durant les heures de travail, est un bon indicateur de sa popularité.

Le contenu audiovisuel sur l’Afrique ou issu de l’Afrique est inégal. Il y a beaucoup de choix pour certains types de contenu comme les films et la musique mais presque rien sur beaucoup d’autres sujets. Quelques exemples permettent d’avoir une idée de l’intérêt suscité sur la base du nombre de vues. Evidemment toutes ces vues ne viennent pas seulement du continent mais selon notre propre expérience (ci-dessous) beaucoup plus viennent du continent que ce que les plus sceptiques veulent bien croire.

Musique nigériane:
Timaya/Platinum Boy                  707,234
Ono 2 Sexy/Jusustina                 401,778
I go chop Yo Dollar                     151,326
Highlife from Ghana
(musique par Tumi Ebow Ansa)    64,092

La presse en Afrique est très petite parce que dans de nombreux pays les gens préfèrent écouter la radio ou regarder la télévision. Si ce constat général se révèle exacte alors il est encore plus exact pour le groupe de gens entre 18 et 35 ans qui poussent ce type d’usage. Un responsable de la publicité m’a dit que «mon amie a cessé d’acheter un journal. Elle lit les titres sur son mobile. Et elle est toujours au courant des nouvelles avant moi…. ».  Il ne faut pas avoir trop d'imagination pour voir que les clips phares et les nouvelles de dernières minutes seront populaires.

Alors comment est-ce que ce flux de vidéos arrive sur votre téléphone portable? Bien, la réponse la plus simple c’est par l’Internet et même si le nombre de « smartphones » est toujours au environ d’une centaine de milliers, ce nombre pourrait facilement atteindre 25% des usagers dans certains pays. Lorsqu’une personne dans un groupe d’amis montre aux autres un clip rigolo ou désobligeant, ne pensez-vous pas quand les autres amis vont rentrer chez eux ils vont vouloir le même portable ? Si le prix est juste, les clips vidéos seront un moteur pour l’adoption de smartphones.

Construire une stratégie commerciale basée sur le téléchargement de ce contenu gratuit sur des mobiles doit donner aux opérateurs des nuits sans sommeil. Bien sur, il est possible de le supprimer ou de le contenir mais c’est comme un train de marchandise donc il sera difficile de le stopper.

Comme toujours, la réponse quant à la stratégie commerciale est prévisible encore faut-il qu’elle soit correcte. Il y a trois options:
- un abonnement prépayé par carte avec un accès Internet
- la vidéo à la demande en mode prépayé avec des prix aussi attractifs que possible pour encourager les utilisateurs
- la publicité permettant à une  société d’afficher son logo et ses couleurs sur l’ensemble de la chaîne et de paraître «cool » auprès des jeunes