Vers la fin du duopole de MTN-Orange au Cameroun

Actualités Télécom

Lors du conseil de cabinet du 26 mai dernier, le Minpostel a annoncé l'arrivée de deux nouveaux opérateurs.

Sur la question, le communiqué final rendu public à l'issue du conseil de cabinet du 26 mai 2011 est sans équivoque. Le secrétaire général des services du Premier ministre (Sg/Pm), Jules Doret Ndongo, qui en est le signataire écrit notamment que l'étude sur la taille critique du marché de la téléphonie mobile commandée par le gouvernement «préconise l'octroi d'au moins deux nouvelles licences et le passage du Gsm (Global System for Mobile Communications, ndlr) à la téléphonie de 3ème génération comportant le service internet mobile.

Toujours selon le communiqué du Sg/Pm, le Premier ministre, Philémon Yang, a instruit le ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel), Jean Pierre Biyiti bi Essam, «de tout mettre en oeuvre pour une ouverture effective du marché ( ) avant la fin du second semestre 2011». C'est donc clair. D'ici décembre 2011, Mtn et Orange qui sont les seuls opérateurs du secteur de la téléphonie mobile au Cameroun, vont avoir de la concurrence. Cette option du gouvernement, longtemps espérée par les consommateurs, devraient théoriquement entraîner une cascade de conséquences.

La plus importante de ces conséquences est une réduction des coûts. Certes, comme l'a rappelé Jean Pierre Biyiti bi Essam dans son exposé de jeudi dernier, les «tarifs ( ) sont passés de plus de 500 FCfa/mn en 2000, à l'ouverture du marché, à moins de 100 FCfa la minute en 2011». «Mais, note un expert du secteur, ces tarifs restent très élevés, par à rapport à des pays qui revendiquent le même niveau de développement que le Cameroun.»

Depuis l'ouverture du secteur, Mtn Cameroon et Orange Cameroon ont investit près de 431 milliards de Francs Cfa. Les deux opérateurs, qui se partagent à la fois les plus de huit millions d'abonnés de la téléphonie mobile (pointage de fin 2009 par le Minpostel) et les 375 milliards de FCfa de bénéfices générés dans le secteur, estiment que les prix pratiqués doivent être maintenus pour leur permettre de garder un équilibre financier.

Et pour eux, investir plus pour améliorer le taux de couverture qui est actuellement de 65% du territoire habité, devrait entraîner une hausse des tarifs, hypothèse évidemment hors de propos pour le gouvernement, particulièrement attentif ces derniers mois sur tout ce qui pourrait exaspérer les consommateurs.

La situation est d'autant plus préoccupante que, selon une étude du Cabinet Network Dynamics Associates Llc, dont les conclusions ont été rendues publiques par le Minpostel le 26 mai dernier, la demande devrait doubler d'ici 2015, avec l'arrivée de 8 millions de nouveaux clients.

Pour le Minpostel, qui souhaite que les deux prochains opérateurs soient tous des filiales des groupes internationaux de renom, leur entrée dans le marché «apparaît comme [le scénario] le plus indiqué pour doper la concurrence, briser le duopole du marché et faire baisser les tarifs. L'introduction de la 3G va stimuler l'innovation des services Internet mobile et transformer la dynamique concurrentielle dans le secteur».

Va donc falloir régler la question du développement de l'infrastructure de transport Large Bande sur tout le territoire national pour réussir cette mutation. Le 26 mai dernier, Jean Pierre Biyiti bi Essam a proposé au gouvernement que cette ouverture soit accompagnée «du repositionnement de la Camtel (Opérateur public qui gère à la fois l'accès et le backbone national, ndlr) comme opérateur du backbone national et d'autre part, de la diversification de l'accès aux câbles sous-marins internationaux, le Sat3 devant arriver à saturation dans les quatre prochaines années».