Lenteurs administratives, équipements audiovisuels, etc : La longue marche vers la télévision numérique terrestre au Sénégal

Actualités de la convergence

La télévision numérique terrestre (Tnt), c’est plus de chaînes pour le téléspectateur sénégalais.Mais, les télévisions locales dénoncent les lenteurs dans le passage de l’analogique à la diffusion en numérique.Le délai est fixé pour 2015.

Les télévisions sénégalaises sont de plain-pied dans le processus de numérisation audiovisuelle. A la chaîne privée 2Stv l’équipement en numérique est déjà acquis. Représentant la 2Stv au sein du comité national de numérisation, le journaliste Cheikh Diaby déclare : ‘Nous avons à 100 % notre matériel en numérique.’ Mais la diffusion en numérique n’est pas encore à l’ordre du jour. Même constat à la télévision WalFadjri. Selon le Pdg du groupe, Sidy Lamine Niasse, Walf Tv est déjà en numérique. ‘C’est juste un problème de récepteur, les téléviseurs ne sont pas encore adaptés au numérique, mais tout le matériel de Walf Tv est en numérique’, avait-il dit en août dernier dans les colonnes du journal Walf quotidien.

La Rts n’est pas en reste. La télévision nationale travaille à cette transition depuis 1998 avec le projet de renforcement des capacités télévisuelles. ‘Nous avons entamé le processus avec le système de production numérique’, indique Abdou Ndao, directeur administratif et financier de la Rts. La chaîne publique s’est lancée sur le système de diffusion en numérique terrestre grâce à une convention avec la Chine. Mais, précise, Abdou Ndao, ‘rien n’a été encore signé nous attendons les conclusions du comité national sur le numérique’.

La Rts se positionne déjà pour être le diffuseur. Parce que soutient Abdou Ndao, ‘le système de diffusion clé aujourd’hui est les points hauts et la Rts est la seule à avoir le système le plus développé’.

Pour les télévisions privées, la question est ailleurs. Les responsables du privé s’intéressent aux questions techniques et juridiques. ‘Pour le moment, on se demande qui fera quoi ? Qui gèrera quoi ? Et également comment cela sera organisé ?’, s’interroge Cheikh Diaby. Le nœud du problème reste le gestionnaire du multiplexeur et du diffuseur. Pour les chaînes privées, il n’est pas question que la Rts s’en occupe. ‘Il faut un organe neutre pour gérer le multiplexeur’, propose Cheikh Diaby de la 2Stv.

Les télévisions privées comme publiques dénoncent la lenteur des travaux du comité national sur le numérique (Cnn). ‘Plus les conclusions du Cnn vont tarder, plus on risque d’emprunter un chemin sinueux parce que l’échéance de l’Union internationale des télécommunications, fixée en 2015, est proche’, avertit Abdou Ndao de la Rts.

Le consommateur est absent des débats de la transition au numérique de l’audiovisuel. Même si leurs représentants sont conviés dans les rencontres organisées par le Comité national sur le numérique (Cnn). El Hadji Niang de la Ligue des consommateurs du Sénégal constate que ‘l’acteur le plus important, sans qui ce processus n’a pas d’utilité, est moins évoqué’. Pour lui, le consommateur doit être au centre des échanges. Momar Ndao de l’Ascosen n’est pas du même avis. Selon lui, les associations de consommateurs défendent les intérêts des usagers lors des rencontres.

La préoccupation de l’Ascosen reste l’accompagnement des consommateurs pour réussir ce passage de l’analogique à la télévision numérique terrestre (Tnt). ’Il faut que l’on trouve les moyens d’accompagner les téléspectateurs pour l’achat des boîtiers décodeurs’, affirme-t-il. Aux Etats-Unis, l’Etat avait soutenu les consommateurs dans ce sens. ‘Cela peut venir des opérateurs de télévision ou de l’Etat’, lance Momar Ndao. Les consommateurs ont déjà une idée sur les boîtiers. Ce sera à l’image des décodeurs Mmds d’Excaf télécoms ou de Canal+Horizon déjà utilisés dans certains foyers. Le prix des boîtiers numériques pourrait être fixé entre 20 000 à 35 000 francs Cfa.

Avec ce nouveau matériel, le téléspectateur reçoit plus de chaînes, une meilleure définition de l’image et une qualité de réception supérieure. Le numérique permet d’avoir plus de chaînes de télévisions. Là où l’on a six chaînes avec l’analogique, grâce au numérique on en aura vingt à vingt-cinq chaînes. Selon le directeur de l’institut français de recherche des télécommunications et des médias Gilles Fontaine, les télévisions auront avec le numérique un signal de meilleure qualité et le tout avec des coûts de diffusion moins chers par rapport à l’analogique. Car il est quatre fois moins cher de diffuser en numérique qu’en analogique. ‘Elles auront plus de chaînes pour compléter leurs offres, soient avec des chaînes thématiques, pour diffuser une meilleure télévision en haute définition ou pour décider de lancer des services à péage’, note Gilles Fontaine.Après le Tnt, le grand défi sera alors, pour les chaînes locales, le contenu.