Google et l’OMPI lancent un logiciel pour protéger les droits des artistes africains

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L’apport de la musique et des musiciens africains à travers l’histoire est incontestable. Le répertoire musical riche de ce continent ne constitue pas seulement un divertissement, mais un moyen de partager ses traditions et sa culture. Malheureusement, même aujourd’hui, peu d’artistes africains réussissent à gagner de l’argent malgré la popularité de leur musique, et la plupart d’entre eux luttent pour assurer leur subsistance ou obtenir la reconnaissance qu’ils méritent. Ceci est essentiellement dû à des systèmes de gestion de droits inefficaces et aux difficultés liées aux contrats de licence et aux paiements internationaux. Pour tenter de résoudre ces problèmes, l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a pris plusieurs initiatives. Parmi elles, citons une collaboration entre l’OMPI et Google visant à développer un logiciel qui permettra aux musiciens et compositeurs de 11 pays d’Afrique occidentale d’être payés plus facilement et plus rapidement pour la diffusion de leur musique dans le monde et, parallèlement, d’accroître leur visibilité sur la scène internationale.

Quand une station diffuse une chanson à la radio, qu’un studio de cinéma l’intègre à une bande-son, et qu’un service de musique l’envoie en streaming aux internautes, ils doivent savoir à qui appartiennent les droits sur cette chanson et obtenir une licence. L’un des organismes auxquels ils peuvent s’adresser pour le savoir est une société de collecte - dédiée à la gestion des droits d’auteur pour les compositeurs, musiciens et artistes. Il se peut aussi qu’ils doivent contacter un éditeur de musique, une maison de disques ou directement les artistes. Les informations sur les droits peuvent donc être difficiles à trouver, privant de ce fait les artistes d’une source de revenus.

Les 11 pays concernés -- Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal et Togo - ont cherché à résoudre ce problème et demandé à l’OMPI de trouver une solution permettant de mieux partager les informations relatives à leur musique. C’est ainsi que, avec Google comme partenaire technologique, l’OMPI a décidé d’améliorer son logiciel de gestion de droits existant. L’objectif est de permettre aux artistes d’être payés plus facilement et plus efficacement pour leurs œuvres. Artistes, compositeurs, éditeurs de musique et maisons de disque pourront donc inscrire leur musique et ces informations seront automatiquement partagées et accessibles partout dans le monde. Les détenteurs de licence actuels et potentiels sauront plus aisément qui détient les droits sur une œuvre ; et les informations sur la façon dont ces œuvres sont utilisées par ces derniers seront immédiatement disponibles pour toutes les sociétés de gestion des droits d’auteur des pays concernés. Ceci remplacera la procédure manuelle de mise à jour des bases de données souvent utilisée aujourd’hui.

En collaborant avec les détenteurs de droits et des institutions publiques comme l’OMPI, Google contribue à ouvrir les solutions technologiques et à faciliter la mise à disposition de nouveaux services en ligne permettant aux amateurs de découvrir des œuvres créatives et d’y accéder. Ce besoin est particulièrement important pour la musique dans les pays en développement. En effet, les artistes africains ne peuvent toucher un public mondial et être payés que si les informations sur leurs droits sont disponibles. Cette collaboration entre Google et l’OMPI les aidera fortement à y parvenir et nous sommes fiers d’aider l’OMPI à promouvoir la diffusion de la culture africaine et de permettre aux artistes de ce continent de se faire entendre des auditeurs du monde entier.

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