Un nouveau rapport révèle les opportunités pour les applications mobiles en Afrique

L'éditorial du mois

Durant les six derniers mois, il n’y a pas eu de semaine sans un article sur les applications mobiles. Le lancement du kiosque de téléchargement d’Apple (l’ apps store d’Apple) en juillet 2008 a été un tournant de ce secteur qui aujourd’hui génère un chiffre d’affaires annuel mondial de plusieurs milliards de dollars US à travers des millions de téléchargements d’applications mobiles chaque jour. Balancing Act vient de publier un rapport intitulé « les applications mobiles en Afrique: quelles stratégies pour les applications mobiles payantes et gratuites ? » Le rapport analyse l’écosystème des applications mobiles en Afrique et fournit un cadre d’analyse permettant aux opérateurs mobiles africains ou toute autre organisation de décider de la stratégie à adopter en ce qui concerne les applications mobiles.

Le rapport « les applications mobiles en Afrique: quelles stratégies pour les applications mobiles payantes et gratuites ? » est un document de 125 pages contenant 15 encadrés, 26 tableaux, 39 graphes et 2 cartes. Il est divisé en trois parties couvrant 1) les usagers mobiles, leurs portables et leur usage, 2) les développeurs et le contenu, 3) les plateformes de distribution et les stratégies de distribution.

Selon Isabelle Gross, l’auteur du rapport, il y a suffisamment d’indicateurs aujourd’hui qui montrent que les smartphones vont aussi prendre une plus grande part de marché en Afrique. Des enquêtes sur les usages du téléphone mobile en Afrique montrent que les africains utilisent de plus en plus leur portable pour des activités qui ne sont pas liées à la téléphonie. Le taux de pénétration des smartphones en Afrique du Sud est prometteur et plus de pays africains vont lui emboîter le pas avec la baisse prévisible des prix des smartphones dans les deux ans à venir. La pyramide des portables qui dans certains pays africains comporte encore aujourd’hui plus de 80% de portables de base va changer dans les prochaines années – un changement du haut vers le bas avec un plus grand nombre de smartphones et de portables à fonctionnalités avancées. Le rapport fournit des prévisions quant au taux de pénétration des smartphones dans différents marchés africains. Aujourd’hui les combinés Nokia restent les portables préférés des africains mais avec l’accélération de la vitesse de pénétration des smartphones, le fabricant de portable perdra sa position de leader en faveur d’autres équipementiers. BlackBerry est aujourd’hui la marque préférée des jeunes en Afrique du Sud.

Les pays africains avec une importante base d’abonnés mobiles et un taux de pénétration de smartphones en croissance présentent les meilleures chances pour les applications mobiles. Les smartphones poussent à la consommation d’applications mobiles et comme de plus en plus d’abonnés mobiles africains en auront un dans leur poche dans les années à venir, la problématique du contenu à leur offrir devient plus intéressante pour les développeurs locaux. Le rapport établit que les développeurs africains d’applications mobiles sont pour la plupart jeunes et diplômés. Le nombre de développeur de sexe masculin dépasse largement celui du sexe féminin. Il n’y a pas de chiffres sur leur nombre exact par pays mais nos estimations avancent un chiffre de 100 à 200 dans des petits pays africains et entre 2,000 et 3,000 dans les plus grands pays africains. « L’écosystème » des développeurs africains reste fragmenté mais de plus en plus d’initiatives sont lancées avec pour objectif de structurer le secteur et de soutenir financièrement les projets intéressants et les développeurs à talent. Le rapport révèle aussi quelles sont les applications mobiles susceptibles de générer le plus d’argent en Afrique et fait aussi des recommandations aux développeurs africains en terme de d’optimisation des revenus qu’ils peuvent escompter des différents kiosques de téléchargement disponibles aujourd’hui. Pour les développeurs locaux, il s’agit de savoir ce que les utilisateurs mobiles veulent et d’identifier les meilleurs moyens de leur fournir ce contenu.

Les chiffres d’affaires réalisés par les principaux kiosques internationaux de téléchargement (l’apps store d’Apple, l’Android Market de Google, etc) sont bien tentants mais pour la plupart des opérateurs mobiles, il leur reste toujours à décider s’ils veulent juste devenir une « canalisation » acheminant le contenu vers le portable de leurs abonnés ou s’ils doivent s’impliquer dans la création et la fourniture de contenus pour leurs abonnés pour avoir une part des ces revenus. Les opérateurs mobiles africains et en particulier ceux qui ont lancé des services 3G sont confrontés au même dilemme. Le rapport détaille « l’écosystème » des plateformes de distribution  et évolue le niveau de disruption que ces plateformes ont causé en Afrique. Plusieurs opérateurs mobiles africains envisagent de lancer leur propre kiosque de téléchargement d’applications mobiles (comme par exemple Safaricom au Kenya et MTN en Afrique du Sud) mais jusqu’à présent seulement trois opérateurs mobiles ont annoncé officiellement le lancement de leur kiosque. Il s’agit de Tunisiana et d’Orange en Tunisie et tout récemment de Zantel en Tanzanie. Le rapport évalue aussi comment la croissance des kiosques internationaux va affecter les opérateurs africains et quels sont les changements dans la distribution d’applications mobiles qui pourraient bénéficier au continent. Le rapport fait 8 recommandations qui seront susceptibles d’aider les opérateurs mobiles africains à identifier les éléments à considérer pour développer et lancer leur propre kiosque. Ces recommandations sont basées sur l’analyse des kiosques de téléchargement lancés par certains opérateurs mobiles dans des pays émergeants. Le rapport conclut sur une analyse commerciale détaillée du lancement d’un kiosque de téléchargement en Afrique avec des prévisions sur le chiffre d’affaire dérivé des applications mobiles payantes, les revenus data générés par le téléchargement des applications mobiles et les revenus additionnels issus de la publicité et des achats réalisés au travers des applications mobiles.