Burkina Faso: Coupures de téléphone et d'internet - Les voleurs de câbles sont passés par là

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Depuis près d'un mois, les populations du Burkina Faso connaissent régulièrement des coupures tant sur les réseaux de téléphonie fixe et mobile, qu'au niveau de l'internet. Des actes de vandalisme sur les installations de l'Office national de télécommunication (Onatel) sont à l'origine de ces désagréments. Une visite de terrain conduite par les techniciens de l'Office, suivie d'une conférence de presse animée par le directeur général de la société, Mohamed Morchid, ont permis aux hommes de presse de mesurer l'importance des dégâts commis par les criminels des télécommunications.

Le premier site visité est situé à Somgandé, un quartier de Ouagadougou. Le spectacle est surprenant. Là les installations de l'Onatel, ont été forcées, des câbles de connexion sectionnés et emportés par des délinquants. Cet acte de vandalisme a privé près de 400 abonnés de la zone de Somgandé de téléphone fixe et d'internet à connexion filaire. Le scénario est le même à Sanyiri, et à la Zone 1, des quartiers de la capitale, où les installations techniques de la nationale des télécommunications ont été cambriolées. Au niveau du grand pont de Boulmiougou, c'est la fibre optique, qui transporte les connexions téléphoniques et internet de la Côte d'Ivoire, du Bénin et du Sénégal (pays d'approvisionnement) vers le Burkina, qui a été sectionnée. Conséquence les villes du Faso et principalement sa capitale Ouagadougou, ont été coupées du jus pendant plusieurs jours.

La principale motivation des sabotent des installations de l'Onatel demeure la recherche du cuivre qu'ils monnaient. Selon les responsables de la société, de 2007 à 2010, la société a subi 227 attaques. Dans le premier semestre de 2011, 202 attaques dont 99 au seul mois d'avril, ont été perpétrées contre les installations de l'Onatel. Au total 4800 abonnés ont été privés de connexion après le sabotage du 20 au 27 juin 2011.

Ces actes de vandalisme coûtent énormément chers à la société. Pour son directeur général, ces attaques ont provoqué un manque à gagner d'environ 1,5 milliard de francs CFA pour l'Onatel en 2010. «La situation risque d'être pire cette année si les vandalismes contre nos installations se poursuivent», a indiqué Mohamed Morchid. Les investissements pour la réparation des dégâts empêchent la société, de l'avis de ses responsables, de se développer. «Nous passons notre temps à réparer les installations victimes de sabotage. Ce qui fait que nous n'arrivons pas développer nos installations», a déploré le directeur général.

Pour sécuriser les installations, les responsables de l'Onatel ont déjà engagé des vigiles positionnés en des endroits bien précis de la ville. Ils comptent également créer un numéro vert par lequel, les populations pourront alerter les employés sur d'éventuels comportements suspects. Ils entendent également renforcer leur coopération avec la gendarmerie et la police afin de mettre la main sur les bandits. Pour l'instant, le sabotage des installations demeure le gros problème à résoudre pour l'Onatel.